Éditorial | L’utopie n’est pas une stratégie
Les avertissements quant au déclin du français au Québec se suivent et se ressemblent, de recul en recul, sans réplique politique suffisante pour inverser la tendance. En promettant un plan des plus « ambitieux », le chef libéral Charles Milliard avait fait monter les enchères. Son approche « positive » plutôt que coercitive relève toutefois d’un idéalisme, comme si la simple bonne volonté d’une nation, si distincte soit-elle, pouvait soudainement lui éviter d’être engloutie, tout comme sa langue française, par un continent anglophone. L’utopie n’est pas une stratégie.
Les constats du commissaire à la langue française, Benoît Dubreuil, sont pourtant limpides. « Depuis près de 50 ans, la Charte de la langue française a entraîné des progrès marquants », a-t-il encore reconnu dans son dernier rapport annuel, au début du mois. « Cependant, elle ne suffira pas, à elle seule, à freiner le recul de l’usage du français », a-t-il prévenu une fois de plus.
Et ce, en dépit de gestes forts (bien qu’imparfaits, par moments) posés par la Coalition avenir Québec (CAQ), dont le gouvernement tarde depuis deux ans, à l’inverse, à mettre en œuvre non moins de la moitié des recommandations du commissaire Dubreuil…
Alors que l’heure est à redoubler d’efforts — pendant que l’Office québécois de la langue française rapporte quant à lui un léger recul persistant de........
