Point de vue | À quoi sert encore le multilatéralisme?
En entrevue au New York Times, en janvier, Donald Trump a dit que la seule chose qui limiterait ses pouvoirs à l’échelle mondiale serait « sa propre morale » ou « sa propre conscience ». Pourtant, une panoplie d’institutions internationales existe (en principe) pour limiter l’action internationale unilatérale.
D’ailleurs, un vrai unilatéralisme n’existe pas. Dans cette ère d’interdépendance complexe, s’il est possible de suivre ses intérêts sans l’approbation de la communauté internationale, ces mêmes intérêts sont intimement liés aux autres ; leurs décisions ont une incidence sur nous, et nos actions impliquent des conséquences non anticipées sur le reste du monde.
Il est donc impossible de rejeter le multilatéralisme in toto. Il ne s’agit pas d’une position normative, mais d’un état de fait. Vivre en autarcie est impossible : qu’on les suive ou pas, les règles, les institutions et les accords entre pays existent. Nos décisions, même celles qui sont conçues comme « unilatérales », sont imbriquées dans un jeu itératif qui existera encore demain, avec des acteurs qui décideront soit de jouer avec nous, soit de se liguer contre nous.
Dans The Guardian il y a quelques jours, le président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva, se désolait que les États ne fassent même plus semblant d’être de bons joueurs en obtenant l’aval de l’Organisation des Nations unies (ONU) pour leurs actions. Une étude du The Lancet Global........
