L’homme du 22 août
Depuis presque un an, le premier ministre Mark Carney a multiplié les discours de défiance envers les États-Unis. L’opposition avec Washington a parfois tourné à l’affrontement personnel avec Donald Trump, mais l’animosité entre les deux hommes a dépassé leurs relations. Elle s’inscrit dans un conflit entre deux conceptions du monde.
Déjà, à Davos, en janvier, Carney avait marqué les esprits par un discours où il annonçait la fin de l’ordre international libéral et dénonçait la violence des grandes puissances, dont celle des États-Unis. Pour Carney, il fallait résister. Et les puissances moyennes pouvaient être un levier utile pour contrer les grandes puissances et construire un nouvel ordre mondial. Carney rappelait à son auditoire que les puissances moyennes avaient la « capacité de cesser de faire semblant, d’appeler la réalité par son nom […] et d’agir ensemble ».
C’est exactement ce que le premier ministre a répété le samedi 22 août, sur un ton bien plus dur, alors qu’il s’adressait aux Canadiens pour nommer la réalité à laquelle ils faisaient maintenant face après la rupture des négociations commerciales avec Washington : « Quand vous êtes attaqués, c’est que vous êtes en guerre. Nous avons été attaqués. » Les États-Unis sont engagés dans une lutte pour « détruire nos grandes........
