Lettre à Monsieur 50 % + quoi?
Cher premier ministre du Canada,
Vous étiez gouverneur de la Banque d’Angleterre alors que se déroulait sous vos yeux le référendum sur l’indépendance de l’Écosse, d’abord, et celui sur le Brexit, ensuite.
Vous êtes intervenu, à titre de banquier en chef, dans les deux débats pour en éclairer les enjeux financiers et monétaires. Ayant lu quelques-uns de vos discours sur la question écossaise, j’ai pu constater que, sans vous prononcer sur le fond, vous abordiez ces questions avec sérieux, compétence et tact. Vous avez, par exemple, brillamment démontré qu’il serait plus judicieux pour une Écosse indépendante d’établir sa propre monnaie plutôt que de s’accrocher à la livre britannique.
Vous étiez donc parfaitement informé de l’entente signée en octobre 2012 par le premier ministre conservateur David Cameron et le premier ministre écossais Alex Salmond, établissant conjointement les modalités du référendum écossais. Vous savez peut-être que l’ancien premier ministre Jean Chrétien avait souhaité que Londres suive le canevas qu’il avait créé dans sa mal nommée « loi sur la clarté » 12 ans auparavant. Il fut ensuite très mécontent qu’aucune de ses recommandations n’ait été suivie, au contraire.
En effet, au terme de l’accord Londres-Édimbourg, le gouvernement britannique s’engageait à respecter le résultat du référendum. Il était tellement certain dans l’esprit de tous que la règle du 50 % 1 s’appliquait que les signataires n’ont même pas cru nécessaire de l’inscrire. Ils se sont entendus sur un mécanisme qui précisait qu’un tiers crédible mutuellement désigné devait se prononcer sur « l’intelligibilité » de la question proposée par le Parlement écossais. Il n’était nullement question que les........
