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Crise à Ceuta, ou quand la politique des frontières mène au drame

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05.08.2026

En l’espace de quelques jours, 72 000 personnes ont franchi la frontière séparant le Maroc de l’enclave espagnole de Ceuta. En moins de 48 heures, un territoire de 20 km2, peuplé de 85 000 habitants, s’est retrouvé face à un afflux d’une ampleur exceptionnelle, représentant plus des trois quarts de sa population. Le bilan humain est lourd : au moins 72 migrants ont perdu la vie côté espagnol et au moins 11 du côté marocain, noyés en tentant de rejoindre la côte à la nage ou écrasés en escaladant la digue qui soutient la barrière frontalière.

Puis, presque aussi vite qu’elle avait commencé, la vague s’est retirée. Dès le vendredi après-midi, plus de 48 000 des personnes entrées avaient déjà repris, d’elles-mêmes, le chemin du Maroc. Mardi, ce nombre avait grimpé à 70 000. Pas de rétention de masse, pas d’accueil massif organisé : l’écrasante majorité est simplement repartie. Ce détail, presque passé sous silence dans le traitement politique de l’événement, dit pourtant beaucoup de la nature réelle de cette crise.

Une frontière comme déclencheur

Le premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a qualifié cet afflux d’« attaque » et de « violation de l’intégrité territoriale de l’Espagne ». Le gouvernement espagnol a répondu par le déploiement de l’armée,........

© Le Devoir