Semer la discorde
« Il n’y a pas de règles pour ICE. On est dans le chaos. » Je parlais lundi avec Toussaint Morrison, artiste, activiste, et journaliste indépendant de Minneapolis. Toussaint était au cœur de la réponse locale à la mort de George Floyd, en 2020. Les manifestations et l’attention du monde entier avaient déjà ébranlé la ville bien avant son occupation actuelle par les forces fédérales de la police de l’immigration (ICE). J’ai voulu comprendre ce qui était nouveau, pour lui, cette fois-ci.
« En 2020, je pouvais donner rendez-vous à qui je voulais dans un bar ou un café, discuter, puis aller manifester, organiser un événement. Maintenant, ICE a infiltré les groupes de conversations sur Signal. Le chaos, c’est qu’on ne sait pas qui est ICE, où est-ce qu’ils ont pris résidence, ni comment ils ont infiltré les cercles de résistance. »
Bref, on ne sait plus à qui faire confiance. Depuis que Renée Good a été tuée le 7 janvier, les tactiques de ICE ont eu le temps de muter. Il y a encore les gars masqués en habit de camouflage. D’autres ont compris que le meilleur « camouflage » en milieu urbain, ce sont des parkas, des casquettes de baseball, des voitures civiles. En infiltrant les groupes de conversations que les voisinages se créent pour s’aider les uns les autres, il devient difficile de distinguer une offre de soutien d’un guet-apens.
Ce sont là des tactiques policières classiques. J’ai écrit sur la manière dont le FBI des années 1970 avait infiltré les Black Panthers pour y semer la zizanie et planté une taupe pour organiser l’assassinat de leur leader........
