Justice poétique
Donald Trump désirait les plus gros feux d’artifice de l’histoire du monde. Résultat, le soir du 4 juillet, Washington est devenue la ville la plus polluée au monde, vu la quantité de substances toxiques relâchées dans l’atmosphère par son gros show de boucane. Une épaisse fumée a recouvert la ville, comme les experts l’avaient prévu, si bien que la grande finale qu’on aurait voulue « épique » a été plus facile à entendre qu’à voir. La pollution atmosphérique était trop importante, après 850 000 feux d’artifice et 40 minutes, pour qu’on puisse y distinguer grand-chose. Beau record.
Pour le 250e anniversaire des États-Unis, Trump voulait repeindre le grand bassin du Lincoln Memorial, dans la capitale, en « bleu patriotique » — le bleu du drapeau. Grande vision artistique. Notre Laurent de Médicis des temps modernes avait estimé le coût des travaux à deux millions de dollars. En fin de compte, c’est 15 millions de fonds publics qui furent investis dans la grandiose affaire. Jusqu’à présent. Car, dès juin, le bleu patriotique a tourné au vert. Le vert des algues qui envahissent la piscine mal rénovée, dont la peinture commence déjà à se détacher. Trump a lancé des accusations de vandalisme sans apporter de preuve. Le week-end du 4 juillet, le bassin a été vidé de ses eaux pour une deuxième fois en quelques mois. On nous promet de le remettre en état. Belles rénovations.
Toujours dans le contexte de l’anniversaire historique, Trump a annoncé une grande foire d’État au National Mall de Washington. Chacun des 50 États américains devait y présenter des........
