Et nous, les allochtones
Il paraît qu’à Pessamit, la victoire du Non au référendum sur l’entente avec Hydro-Québec, au terme de 10 jours de mobilisation en urgence, a alimenté un élan politique qui laissera des traces. Dans les nombreuses entrevues qu’elle a données ces derniers jours, Natasha Kanapé Fontaine a nourri l’espoir que l’exercice pourra même stimuler la relève et l’engagement de la communauté dans les élections du conseil de bande à venir en août.
Je me demande ce que ce « non » peut nourrir aussi chez nous, les allochtones. Qu’est-ce qu’on pourrait apprendre de l’affaire, en bout de piste ?
Un bon point de départ, déjà, serait de reconnaître qu’une partie de la mythologie qui entoure la Révolution tranquille est un obstacle sérieux au dialogue avec les Premières Nations et les Inuits. Que « Maîtres chez nous » était par essence un geste colonial visant à s’approprier ce qui n’était justement pas « à nous » et ainsi dévisager et exploiter « le Nord », soit les territoires traditionnels cris, inuits, naskapis, innus et attikameks, notamment. Qu’on nous a parlé à l’école d’Hydro-Québec et des grands barrages comme d’une démonstration de fierté nationale — la preuve tangible, grandiose, que, « nous autres aussi, on est capables ». Et que, ce faisant, les perspectives autochtones sont difficilement audibles. Car on s’est aussi montrés « capables » de chambouler des territoires et des écosystèmes au cœur de cultures millénaires avec un mépris patent pour leurs gardiens — au nom de l’économie, du « progrès », du........
