Idées | Le pacte qui n’existait pas
Le 30 septembre dernier, à Quantico, le président américain a évoqué l’annexion du Canada devant les commandants de l’armée américaine. La réaction canadienne a été ce qu’elle est devenue depuis quinze mois : indignation rituelle, haussement d’épaules savant, et la conviction tenace qu’il s’agit là d’une parenthèse aberrante dans une relation par ailleurs saine.
Cette posture n’est pas une analyse. C’est un anesthésiant. Elle nous permet de continuer à dormir en attendant 2029 et le prochain démocrate. Et elle est dangereuse, parce qu’elle nous dispense du seul travail intellectuel qui compterait vraiment : regarder ce que Donald Trump nous montre, et accepter que ce qu’il nous montre ne soit pas un accident.
Aucune des mesures américaines actuelles n’est sans précédent. George W. Bush avait imposé des tarifs sur l’acier en 2002. Barack Obama a maintenu des programmes de surveillance contre des alliés européens. Joe Biden a conservé l’essentiel des tarifs chinois de Trump 1.0 et fait passer l’Inflation Reduction Act, politique industrielle protectionniste assumée contre les fournisseurs européens.
Le pacte entre Washington et ses alliés n’a jamais été l’absence de coercition, mais une coercition discrète, justifiée techniquement, dans le cadre d’un théâtre du........
