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Comment l’unilinguisme des dirigeants devient une politique de recrutement

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27.03.2026

Il y a des gestes qui ne sont pas que des gaffes. Quand Michael Rousseau, p.-d.g. d’Air Canada, a prononcé deux mots de français dans une déclaration publique faisant suite à un accident mortel impliquant un pilote québécois, ce n’était pas un moment d’émotion mal géré. C’était la révélation d’une culture d’entreprise. Celle dans laquelle, après cinq ans et plus de 300 heures de cours de français, le français reste une langue de façade plutôt qu’une langue de direction.

Ce que l’on comprend moins bien, c’est à quel point cela a des conséquences concrètes pour les chercheurs d’emploi francophones qui consultent LinkedIn chaque matin.

La langue du chef, c’est la langue du poste

La culture d’une organisation se définit au sommet et descend. Quand un p.-d.g. travaille en anglais, ses vice-présidents s’y adaptent. Quand les vice-présidents fonctionnent en anglais, les équipes RH intègrent l’anglais comme réflexe par défaut. Ce réflexe se matérialise très concrètement dans les offres d’emploi : le titre du poste en anglais (« Sales Representative », « Account Manager »), suivi d’un corps rédigé dans les deux langues.

Ce détail n’est pas anodin. L’article 41 de la Charte de la langue française est........

© Le Devoir