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Le marché européen peut-il vraiment servir de contrepoids au marché américain?

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23.09.2026

La diversification sera toujours une bonne chose, mais les débouchés que l’on peut espérer du marché européen sont moins importants que ce que nous laissent croire nos dirigeants.

Le Canada a de bonnes raisons de vouloir réduire sa dépendance envers les États-Unis. Son principal partenaire commercial est devenu plus transactionnel, imprévisible et beaucoup plus disposé à utiliser les tarifs douaniers comme instrument de négociation.

Dans ce contexte, l’Union européenne (UE) peut apparaître comme le contrepoids naturel : un marché vaste et riche, lié au Canada par un accord de libre-échange ainsi que par de profondes affinités politiques, historiques et culturelles.

La logique est séduisante. Les chiffres, eux, racontent une histoire plus complexe. Et la comparaison avec certains États américains permet de mesurer l’ampleur réelle du défi.

Un voisin devenu transactionnel

Washington considère de plus en plus l’accès au marché américain comme un levier à monnayer. Les tarifs sur l’acier, l’aluminium, les automobiles ou d’autres secteurs ne sont plus des anomalies temporaires. Ils s’inscrivent dans une conception du commerce où les liens noués, les concessions passées et même les accords signés pèsent moins lourd que le rapport de force du moment.

Pour le Canada, dont plus de 70 % des exportations de marchandises prennent encore le chemin des États-Unis, cette évolution constitue un risque économique majeur.

L’UE réunit environ 450 millions de consommateurs, plusieurs des économies les plus riches du monde, des institutions stables et des normes juridiques prévisibles.

Le Canada bénéficie en outre, depuis septembre 2017, de l’Accord économique et commercial global, l’AECG. Celui-ci élimine la presque totalité des droits de douane entre les deux marchés et facilite les échanges dans plusieurs domaines, notamment les services, les marchés publics et la mobilité de certains professionnels.

La proximité culturelle ne doit toutefois pas être confondue avec la proximité économique. Une langue commune aide à négocier un contrat ; elle ne réduit ni les distances, ni les coûts de transport, ni les différences réglementaires, ni l’absence de chaînes de production intégrées.

C’est exactement ce que révèlent les statistiques.

Un continent qui pèse moins que........

© Le Devoir