Le silence politique de la banderole raciste
Une vingtaine de cagoulés dans un parc de Shawinigan n’ont pas cherché à convaincre. Ils ont cherché à être vus. La classe politique a répondu en regardant ailleurs, vers le groupuscule marginal, le cas isolé, l’action qui « n’a pas sa place au Québec ». C’est précisément ce regard qui pose problème.
Cette réaction tient plus du réflexe moral que d’une réelle prise en considération de ce qui se passe au Québec, parce qu’il est rassurant pour nous de penser que le racisme comme acte politique n’existe pas ici ; nous vivons après tout dans une société apaisée et accueillante, la radicalité y est inimaginable.
Or, ce constat est loin d’être exact : cette banderole n’est pas le fruit d’une action spontanée venue de nulle part, mais bien la suite logique d’un système en crise qui cherche à se maintenir par tous les moyens, même les plus brutaux. Ainsi, voir le racisme comme une pathologie individuelle, c’est détourner le regard de sa fonction sociale comme réponse à la crise que le Québec — et l’Occident — vit en entier.
En effet, la détérioration des conditions matérielles de vie des........
