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Un oléoduc qui ne mène nulle part

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Au moment où la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, dévoile son projet de pipeline financé par les contribuables albertains, les Canadiens devraient se poser une question simple : s’agit-il d’un projet viable ou d’un fantasme politique coûteux ?

La date butoir fixée au jour de la fête du Canada était chargée d’une ironie symbolique pour ce que la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, qualifie de test de l’unité nationale, une réponse à une crise qu’elle a elle-même aggravée en courtisant le mouvement séparatiste de la province.

De son côté, la machine de communication du gouvernement fédéral tourne à plein régime. On vend aux Canadiens un discours sur la sécurité énergétique, la compétitivité économique et l’intérêt national. Pourtant, un hypothétique nouvel oléoduc destiné aux sables bitumineux ne ferait pas baisser le prix de l’essence pour les Canadiens. Il ne protégerait pas le Canada de la volatilité des marchés mondiaux du pétrole. Il ne renforcerait pas non plus la sécurité énergétique du pays.

Le premier ministre Mark Carney est tombé dans le piège tendu par Danielle Smith : un débat dans lequel rejeter une idée absurde d’oléoduc revient à rejeter l’Alberta, tandis que la soutenir implique d’accepter des hypothèses peut-être encore plus absurdes.

Danielle Smith s’était initialement intéressée à la relance du tracé prévu pour le projet de pipeline Enbridge Northern Gateway, qui avait échoué. Mais Enbridge a tiré de dures leçons qui restent d’actualité aujourd’hui. En 2014, l’entreprise avait annoncé qu’elle prenait « un peu de recul » par rapport au projet en raison de l’opposition des Premières Nations, admettant « [reconnaître] aujourd’hui, davantage qu’à l’origine, qu’il est nécessaire que les [peuples autochtones] et la Colombie-Britannique aient une voix forte au sein de la........

© Le Devoir