menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Ce soir-là

40 0
05.05.2026

Les performances du Canadien de Montréal font vibrer tout le Québec. Et la métropole en particulier, qui se transforme chaque soir de match éliminatoire, comme en témoigne l’écrivain Thélyson Orélien. Il nous raconte une balade en ville pendant que tous les regards sont rivés sur les écrans…

Ce soir-là, le Québec avait décidé de parler d’une seule voix, mais sans s’entendre au préalable. C’est ça, le plus beau. Personne n’avait convoqué personne. Il n’y avait pas de mot d’ordre, pas de manifeste, pas de grand discours. Seulement des lumières allumées derrière des rideaux fatigués, des téléviseurs qui clignotent comme des lucioles modernes, et cette attente douce, presque timide, qui précède les grandes émotions.

Je marchais sans but précis. J’aime marcher les soirs de match. On y voit mieux le pays que dans n’importe quel livre d’histoire. Les rues sont des phrases, les fenêtres des paragraphes, et les cris des ponctuations imprévisibles. On n’a pas besoin d’entrer chez les gens pour savoir ce qui s’y passe. Tout déborde.

PHOTO DENIS GERMAIN, COLLABORATION SPÉCIALE

Des partisans se dirigent vers le Centre Bell un soir de match.

Un homme sort d’un dépanneur avec une bière. Il regarde son téléphone comme s’il attendait une révélation. Une femme, appuyée sur un balcon, parle à quelqu’un à l’intérieur sans détourner les yeux de l’écran. Deux adolescents rient trop fort pour un évènement qu’ils ne contrôlent pas. Une vieille dame ajuste son volume. Elle veut entendre, mais pas trop. Elle connaît déjà la fin de certaines histoires, mais elle accepte de les revivre. Ce soir-là,........

© La Presse