L’antisyndicalisme d’Amazon s’inscrit dans une histoire
Les dernières décennies ont vu les syndicats perdre du terrain au Canada et encore plus aux États-Unis, explique le professeur Steven High.
La décision d’Amazon de fermer sans préavis ses sept centres de distribution au Québec1, au lendemain d’une initiative de syndicalisation couronnée de succès, est un nouvel exemple de l’antisyndicalisme acharné des entreprises américaines.
L’extrême disparité des revenus que nous observons aujourd’hui est en grande partie attribuable à ce type de pratique antisyndicale désormais courante. Les entreprises peuvent ainsi non seulement discipliner leurs employés et les forcer à réduire leurs attentes, mais aussi pousser les gouvernements à abaisser l’impôt sur les sociétés et à alléger les réglementations coûteuses, sous peine d’en subir les conséquences. C’est l’une des raisons pour lesquelles on compte autant de milliardaires aujourd’hui, dont Jeff Bezos.
Les syndicalistes américains utilisaient l’expression « usines fuyardes » pour décrire les entreprises qui fermaient leurs portes pour se débarrasser des syndicats. Ce terme est tout à fait approprié.
Les employés se présentaient un jour au travail et trouvaient la porte de l’entreprise fermée ou le portail verrouillé. Au Québec et en Ontario, des lois ont dû être adoptées pour obliger les entreprises à donner un préavis. Les États-Unis, quant à eux, se sont fermement opposés à ce type de mesure.
Dans les années........
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