Une langue ne se marchande pas
Faisant un lien entre les récentes négociations canado-américaines et un recul au sein des Nations unies, la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie réaffirme le multilinguisme comme principe intouchable des relations internationales.
Il y a des reculs qui s’installent progressivement, sans qu’on les décide jamais. Ce sont les plus insidieux, car ils ne donnent prise à aucune riposte frontale. C’est à l’un d’eux que nous assistons aujourd’hui, sur deux scènes que tout semble séparer, et qui pourtant, obéissent au même réflexe.
À New York, le 4 février dernier, le Groupe des ambassadeurs francophones a dialogué avec la présidente de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations unies sur l’importante question de la diversité linguistique.
Le constat qui en est ressorti est froid et sans ambiguïté : la crise budgétaire à laquelle est confrontée l’organisation mondiale pousse à des arbitrages où le multilinguisme est sacrifié.
Par facilité et pour éviter les coûts de traduction, les textes circulent de plus en plus souvent dans une seule langue. Des délégations découvrent les dossiers qu’elles doivent négocier avec un désavantage qu’aucune compétence diplomatique ne peut compenser : elles lisent moins vite, ou pas du tout, ce que d’autres ont déjà pleinement assimilé. Ce n’est pas qu’un incident technique. Ce n’est pas seulement une contradiction avec les........
