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La mauvaise blague a assez duré

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19.07.2025

Léa Clermont-Dion réplique à une lettre de Gilbert Rozon1, poursuivi au civil par neuf femmes qui allèguent avoir subi des agressions sexuelles, dans laquelle il réagissait à une chronique2 et à un éditorial3 publiés dans La Presse les 9 et 12 juillet.

Le 17 juillet dernier, Gilbert Rozon prenait l’initiative de nous exposer son point de vue sur les violences sexuelles, le mouvement #metoo qu’il caricature grossièrement comme un grand complot – et, surtout, de se poser en victime.

Sociologue improvisé, Rozon dépeint le mouvement comme un « bûcher qui, dans sa version actuelle, n’attend plus de preuves ».

Faut-il comprendre que, dans sa logique, ce sont les agresseurs présumés qui seraient envoyés au bûcher ? Si l’on suit sa métaphore, les victimes d’agressions sexuelles qui dénoncent deviennent les véritables coupables. Une inversion des rôles pour le moins perverse, mais répandue chez les influenceurs masculinistes comme Andrew Tate et parfois même dans la défense des agresseurs lors de procès au Québec.

Autre observation généreusement offerte par Monsieur Rozon : « C’est kafkaïen. C’est ubuesque. C’est stalinien. C’est une forme douce de totalitarisme. » Il poursuit : « Et, malheureusement, je dois encore me battre contre les médias devenus les complices zélés de #metoo. »

Le mouvement #metoo est historique, et le Québec s’y illustre de façon exemplaire. Grâce à cette mobilisation – portée par des milliers de voix –, des gains politiques concrets ont été réalisés. Le système de justice a été amélioré pour mieux traiter les plaintes d’agressions sexuelles. Des exemples ? L’implantation de........

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