Le bilinguisme vu comme une contrainte et non une valeur
Le plus frappant, dans la controverse récente entourant Michael Rousseau, est ce sentiment de déjà-vu. En 2021, lors d’un discours à Montréal, le PDG d’Air Canada avait lui-même reconnu ne pas parler français, tout en affirmant qu’il n’en avait pas réellement besoin pour exercer ses fonctions. La réaction avait été immédiate. Face aux critiques, il s’était engagé à l’apprendre. Cet épisode aurait dû marquer un tournant.
Or, cinq ans plus tard, nous nous retrouvons au point de départ. Plus troublant encore, à la suite du très grave accident à l’aéroport LaGuardia, le président et chef de la direction d’Air Canada a diffusé une vidéo unilingue anglaise s’adressant aux familles des victimes et aux passagers de l’entreprise. Dans un tel moment, le choix de ne pas s’exprimer aussi en français n’a rien d’anodin. Il ravive, une fois de plus, la même question de fond : comment le principal porte-parole d’Air Canada peut-il encore ne pas être en mesure de communiquer – même minimalement – dans les deux langues officielles du pays ?
La défense de l’incapacité du PDG d’Air Canada à parler français repose sur une prémisse erronée : celle voulant que le bilinguisme soit un atout........
