La procréation assistée, un investissement collectif
Les auteurs proposent de faire de la santé reproductive un véritable volet de notre réponse au défi démographique.
Le Canada traverse une transition démographique historique. En 2024, sa fécondité a atteint un creux historique de 1,25 enfant par femme, bien en dessous du seuil de remplacement de 2,1. Au Québec, elle s’établissait à 1,35, également un creux historique.
Le vieillissement de la population, la pénurie de main-d’œuvre et la pression sur les systèmes de santé et les régimes de retraite alimentent désormais les débats publics. On parle du logement, de la conciliation travail-famille, des services de garde et de l’immigration, levier démographique essentiel. Mais une dimension essentielle demeure absente de cette discussion : la santé reproductive.
Pourtant, cette dernière est loin d’être un enjeu marginal. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), près d’une personne sur six sera confrontée à l’infertilité au cours de sa vie reproductive. Parallèlement, les Canadiens reportent de plus en plus leur projet parental.
Comme le rappellent des travaux récents sur l’évolution de la fertilité humaine et le report de la parentalité, nous assistons à un décalage croissant entre le calendrier social et le calendrier biologique de la parentalité.
Les études se prolongent, l’entrée sur le marché du travail est plus tardive, l’accès à la propriété plus difficile et l’incertitude économique plus grande. Pendant ce temps, la fertilité,........
