Qu’attend-on pour consacrer un musée à Céline Dion !
Le Québec rate une occasion en or de mettre en valeur sa plus grande icône, selon l’auteur
Le Québec sait-il reconnaître ses grandes figures ? La réponse est loin d’être évidente.
Des personnalités marquantes, telles que Joseph-Armand Bombardier, Ginette Reno ou encore Denis Villeneuve et tant d’autres ont fait ou font rayonner notre province. Mais une seule est immédiatement identifiée partout dans le monde comme Québécoise : Céline Dion.
Plus de 40 ans de carrière. Plus de 200 millions d’albums vendus. Une voix connue aux quatre coins du monde, des chansons qui traversent les générations. Cette artiste nous a fait chanter, vibrer, pleurer, et a même sauvé plus d’une fois nos soirées karaoké !
Céline Dion est bien plus qu’une chanteuse, c’est une ambassadrice culturelle. Tout au long de sa carrière, elle a incarné une constance et une dignité rares. Et pourtant, ici, chez elle, aucun lieu de mémoire ne célèbre son parcours hors du commun.
Que faut-il donc accomplir, au Québec, pour être honoré de son vivant ? Pendant ce temps, à Stockholm, le musée consacré au groupe suédois ABBA attire des visiteurs du monde entier. Voilà une preuve éloquente que la valorisation de la culture populaire peut devenir un puissant levier touristique et identitaire.
Pourquoi rien de comparable ici ? Cette situation semble révélatrice d’une réalité plus profonde. Le Québec entretient-il parfois une relation prudente, voire timide, avec la célébration de ses icônes de leur vivant ? À l’inverse, dans d’autres contextes culturels, pensons aux États-Unis, une artiste de cette envergure aurait déjà fait l’objet de multiples formes de reconnaissance : musée dédié ou hall of fame, voire salle de spectacle à son nom.
Pendant que d’autres pays multiplient les lieux de mémoire consacrés à leurs grandes figures de la culture populaire, nous tardons à reconnaître les nôtres. À Charlemagne, ville natale de notre Céline nationale, les traces matérielles de son passage sont effacées : la sphère Céline a été démantelée en 2012 et sa maison d’enfance détruite en 2014. Seul le tronçon de l’autoroute 640 qui traverse la municipalité porte son nom… Depuis, aucun projet structurant n’a vu le jour pour raconter, transmettre et faire rayonner ce parcours exceptionnel auprès de ses admirateurs du monde entier.
PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE
La maison d’enfance de Céline Dion, à Charlemagne, en 2000
Et si cette reconnaissance devenait aussi une opportunité économique ? Imaginons, à Charlemagne, un musée à son nom consacré à sa carrière ; un lieu immersif, accessible et intergénérationnel.
Mais également un espace vivant, capable d’accueillir des expériences musicales et des évènements à l’image de son héritage. Allons même plus loin, autour de ce musée, imaginons un parc culturel en bordure du fleuve Saint-Laurent, où biodiversité, parcours sonores inspirés des plus grands titres de Céline Dion et installations artistiques cohabiteraient.
Un tel projet irait bien au-delà d’un simple geste symbolique, il deviendrait un véritable levier de développement territorial, en attirant des visiteurs, en dynamisant l’économie locale, en créant des emplois, et en contribuant au rayonnement du Québec. Il permettrait d’insuffler un nouvel élan à toute une région en périphérie de Montréal.
Au fond, il ne s’agit pas seulement de Céline Dion. Il s’agit de nous. De notre capacité collective à reconnaître ce qui fait rayonner le Québec. Autrement dit à assumer notre culture contemporaine, à valoriser ce soft power et à en être fiers !
Céline, on t’aime ! Et il serait temps de te le montrer, ici, chez toi ! Au passage, on ne dirait pas non à quelques places de concert… ha ha !
