Bien-être animal : quand l’industrie fait la loi
Québec ne doit pas laisser l’industrie de l’élevage dicter elle-même les conditions de vie des bêtes en ignorant les normes minimales prévues par la loi, comme c’est actuellement le cas, écrit l’auteur.
Le mois dernier, la SPCA de Montréal a lancé une campagne appelant les partis politiques québécois à unir leurs efforts pour combler un angle mort du droit : l’absence de réglementation étatique encadrant les conditions de vie des animaux élevés pour la consommation. Et plus récemment, le public en a eu une illustration saisissante : des images choquantes diffusées aux heures de grande écoute à la télévision, où des animaux sont entassés dans des rangées et des rangées de cages1.
La réaction de l’industrie agricole à la campagne de la SPCA ne s’est pas fait attendre. Par la voix de l’Union des producteurs agricoles (UPA), l’industrie accuse la SPCA de faire de la désinformation. Mais examinons les faits.
Une loi à deux vitesses
Sur son site web, l’UPA rappelle que la Loi sur le bien-être et la sécurité de l’animal (Loi BESA) impose aux propriétaires d’animaux l’obligation de leur fournir de l’eau, de la nourriture et des soins appropriés, et interdit de leur causer de la détresse2.
Pris isolément, ces énoncés semblent rassurants. Mais ils ne racontent qu’une partie de l’histoire.
Ce que l’UPA se garde bien de mentionner, c’est que cette même loi contient une disposition........
