On n’a jamais fini d’apprendre à se parler
À l’ère où les outils technologiques se multiplient, certains croient que la conversation est un art qui se perd. Chose certaine, c’est une compétence qui s’entretient, écrit l’orthophoniste Agathe Tupula Kabola.
En orthophonie, nous savons que les premières années de vie sont décisives. Pourtant, malgré ce que la recherche nous apprend depuis longtemps, nous intervenons encore souvent trop tard, lorsque les difficultés sont déjà visibles. Nous gagnerions collectivement à investir davantage dans la prévention et le soutien aux familles avant que les difficultés ne s’installent.
Le langage ne pousse pas tout seul. Il se construit dans les regards, les tours de rôle, les chansons, les histoires racontées avant le sommeil, les conversations répétées des centaines de fois avec les adultes qui entourent l’enfant.
Mais il y a quelque chose qui m’étonne toujours. Dès qu’un enfant parle, le sujet disparaît presque complètement du discours public.
On tient pour acquis qu’un adulte qui parle est un adulte qui sait converser. Un peu comme le vélo : une fois appris, ce serait acquis pour toujours. Je crois que c’est faux.
C’est d’ailleurs ce qui me frappe dans les débats suscités le printemps dernier par une étude montrant qu’entre 2005 et 2019, le........
