Guerre en Ukraine : « La Russie va sortir essorée, quelle que soit son issue », estime le chercheur Arnaud Dubien
En Russie, la guerre qui entre dans sa cinquième année n’est pas vécue de la même manière à Moscou et dans les territoires frontaliers de l’Ukraine. Outre cette différence de perception, le chercheur Arnaud Dubien relève le sentiment que « 2026 pourrait être un tournant » pour les deux belligérants comme pour les pays de l’Union européenne.
Comment les Russes perçoivent-ils le conflit en Ukraine ?
Chercheur associé Russie/CEI à l’Iris, directeur de l’Observatoire franco-russe
Tout dépend, bien sûr, de quels Russes et de quelle Russie on parle. À Moscou, on peut encore largement faire comme si la guerre n’existait pas ou était une abstraction lointaine. C’est impossible si vous habitez à Belgorod, Briansk ou même Volgograd, où les attaques ukrainiennes se sont multipliées ces derniers mois.
De façon générale, c’est la lassitude qui prévaut. Une majorité de Russes – y compris au sein des élites – seront soulagés lorsque le conflit prendra fin. Ce qui ne veut pas dire qu’ils soient prêts à contester la politique du Kremlin. Cette ambivalence ressort des sondages d’opinion : si près des deux tiers des Russes se disent favorables à des négociations, ils sont en réalité assez proches des positions du Kremlin en ce qui concerne les conditions de la paix.
Sur le plan économique, l’inflation demeure pour la population un sujet d’inquiétude qui tend à occulter les bénéfices que de nombreuses couches sociales – généralement modestes – ont tirés du « keynésianisme de guerre » en vigueur depuis 2022.
Comment analysez-vous les négociations tripartites entre les États-Unis, la Russie et l’Ukraine ?
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