Célia, « juste couturière et la rage au ventre »
L’anecdote est savoureuse. Célia a déployé beaucoup d’efforts ces dernières années pour se lier aux habitants du village, tant et si bien qu’un voisin l’a récemment invitée au repas des anciens de la guerre d’Algérie. Ce pays où elle est née et a passé les premières années de sa vie, où ses ancêtres ont souffert de la colonisation française, puis de la guerre qu’y ont mené ceux qu’on la convie désormais à rencontrer. Est-ce qu’elle ira ? Elle n’écarte pas l’hypothèse, car ce qui compte c’est que « le dialogue ne se coupe pas ». Elle le sait, ce sont avant tout les trajectoires qui définissent les consciences politiques, lesquelles, en retour, peuvent toujours évoluer au gré des rencontres et des expériences.
De son enfance à Alger, Célia se souvient d’une vie joyeuse. De la guerre civile en revanche, qui pousse ses parents à partir pour la France, elle raconte n’avoir pas conscience à hauteur de ses six ans. La famille pose ses valises à Malakoff, banlieue populaire de Nantes dont elle aime profondément la mixité culturelle. Adolescente, Célia s’inscrit dans les pas de son père. Lui, musulman investi dans l’associatif interculturel, dont les grands amis sont des rabbins et des prêtres. Elle, jeune engagée avec ses copains auprès des habitants du quartier. Tous les étés, ils distribuent des flyers dans les boîtes aux lettres pour proposer leurs services : ménage, courses, promenade du chien, tout ce qui peut alléger la vie des gens.
L’investissement de Julia
L’installation dans le bocage de Mouais, au nord de la........
