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Rémy Knafou, géographe : « Il est temps que l’État reprenne la main sur l’hypertourisme »

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15.07.2026

L’industrie du tourisme, qui a retrouvé ses taux de croissance d’avant le Covid, se déresponsabilise totalement des conséquences sociales et écologiques, analyse le géographe Rémy Knafou, qui appelle à la régulation.

En dépit des conflits et des crises géopolitiques, l’industrie du tourisme a fait voyager, en 2025, 1,52 milliard de personnes à travers le monde, renouant avec ses taux de croissance pré-Covid. Si bien qu’il ne faut plus parler de tourisme, mais d’hypertourisme, comme l’explique dans son dernier ouvrage le géographe Rémy Knafou1.

Quelles sont les caractéristiques de l’hypertourisme ?

Il s’agit d’une version du système capitaliste et de l’économie de marché appliquée au tourisme. Sa première particularité est qu’il est très peu régulé. La concurrence pour capter les clientèles qui dépensent le plus s’exerce au niveau planétaire et met en compétition toutes les destinations entre elles. Ces voyageurs souvent lointains génèrent des retombées importantes pour la balance des paiements comme pour les emplois. Mais l’hypertourisme mène à des situations aberrantes.

La France, qui se veut première destination « durable », exonère de taxe sur le kérosène les compagnies aériennes. Or, les transports, notamment aériens, représentent 70 % des émissions de gaz à effet de serre du tourisme mondial. Ces exonérations dans l’aérien comme dans les........

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