« Plan B », de Chester Himes : aux États-Unis, une plongée vertigineuse dans la violence de Harlem et du racisme américain
La reparution de Plan B, inachevé par force, remet à l’honneur la prose de fureur du père d’Ed Cercueil et de Fossoyeur Jones, qui en voient des vertes et des pas mûres dans un Harlem zombifié.
« Nul ne peut imaginer à quoi ressemblait la 8e Avenue (de Harlem) au mois d’août s’il n’y a jamais mis les pieds. » « Harlem grouillait de misérables locataires qui rissolaient dans la canicule comme des cafards affamés dans un plat de fayots. » Chester Himes (1909-1984) n’est pas né dans le ghetto noir de New York, mais c’est là qu’il plantait le décor de ses polars.
Le dernier, Plan B, demeuré inachevé, constitue sans doute le cri de révolte le plus puissant de l’auteur africain-américain. Chez lui, la violence est une langue, pour dire l’humiliation, l’impasse politique, la rage. Confronté à un blocage narratif, l’écrivain, malade, a laissé en plan ce récit crépusculaire,...
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