Némésis : photographiée réalisant une gestuelle néonazie, Alice Cordier évoque une référence… au rap
Le 5 mars dernier, un militant néonazi a publié une photo de la fondatrice du collectif Némésis, Alice Cordier, mimant un éclair, référence au sigle des SS. L’intéressée dément et se justifie avec une référence à « un groupe de rap ».
La publication laisse peu de place au doute. Le 5 mars dernier, un certain Kenneth poste une photo d’un homme flouté accompagné de la fondatrice de Némésis Alice Cordier, mimant tous deux, avec leurs mains, un S, ou éclair, référence aux éclairs du sigle SS Schutzstaffel. Avec cette phrase : « Alice Cordier du Collectif Némésis, à l’ancienne, de Bretagne à Lyon, SS partout. »
Repéré par le journaliste Ricardo Parreira, l’auteur de ce tweet serait Gwendal Delange, Lyonnais ayant combattu en Ukraine et arborant plusieurs tatouages nazis, dont une croix gammée. L’intéressé a contacté Ricardo Parreira, expliquant : « Le geste est une blague, une parodie de drill (sous-genre de hip-hop, NDLR) anglaise entre amis. » « Il me demande d’effacer le post, sous menace de poursuites juridiques », ajoute le journaliste.
Répertorié par l’Anti-Defamation League comme une invention des suprémacistes blancs
Alice Cordier également a fini par répondre, le 10 mars : « On peut s’arrêter avec la police des doigts ? Cette obsession de l’extrême gauche pour le nazisme commence à devenir suspecte », commente-t-elle, avant de tenter une justification : « Comme mes joues en attestent je suis un bébé, dans un bar de surfer et un inconnu me montre le geste d’un groupe de rap. »
Au contre-rassemblement du 8 mars, Némésis vomit sa haine des étrangers, de la gauche… et de l’Huma
Une malheureuse coïncidence ? Le signe a effectivement pu être utilisé par des groupes de Hip-Hop. Certains soutiens de Némésis ont notamment mis en avant le collectif L’uZine (à la différence que celui-ci réalise un Z et non un S). Mais il est aussi répertorié par l’Anti-Defamation League, organisation internationale de défense des droits, comme une invention des suprémacistes blancs dans les années 2000 afin de signifier de manière masquée leur appartenance à l’idéologie nazie. Par ailleurs, Alice Cordier n’évoque pas le message sans équivoque du fameux Kenneth.
Les éléments démontrant les liens entre Némésis et des militants néofascistes sont nombreux. L’Humanité a notamment révélé le 22 février une conversation impliquant notamment Calixte Guy, l’un des leaders du groupuscule Audace Lyon, et une membre de Némésis proposant de faire les « appâts » afin d’attirer des antifascistes dans un « traquenard ».
Notre journal a également mis au jour d’autres liens ou encore le profil de Nina Azamberti, qui a publié une photo sur laquelle, assise sur une moto, elle signe un « salut de Kühnen », dérivé du salut hitlérien. Le collectif a répondu à l’Humanité : « Il s’agit tout simplement du salut classique des motards : un petit signe de la main, celui que l’on s’adresse très couramment quand on se croise sur la route pour se dire bonjour ou marquer un minimum de respect entre usagers. Rien de plus. » Décidément, Némésis n’a pas de chance.
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