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Mort de Lionel Jospin, socialiste pluriel

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23.03.2026

L’ancien premier ministre est décédé à l’âge de 88 ans, a annoncé sa famille ce lundi 23 mars. Il restera comme la dernière personnalité à avoir essayé de gouverner à gauche, sans pour autant remettre en cause la mondialisation néolibérale.

Ascension, jour de chute. S’il n’y avait qu’un jour à retenir dans la vie politique de Lionel Jospin, le 21 avril s’imposerait de lui-même. Une même date et deux sentiments contradictoires, à cinq années d’intervalle. Il y a le 21 avril 1997, d’abord. Jacques Chirac dissout l’Assemblée nationale et provoque des élections législatives anticipées qui conduisent le socialiste à Matignon dans le sillage de la victoire de la gauche plurielle. Et le 21 avril 2002, bien sûr. Le Premier ministre, alors candidat du PS, se disqualifie dès le premier tour de l’élection présidentielle et se « retire de la vie politique ». Il a tenu parole.

Et sûrement s’en est-il mordu les doigts. Entre ces deux 21 avril, le chef de gouvernement qu’il fut a incarné les tiraillements des socialistes au pouvoir, entre recherche du progrès social grâce à la redistribution des fruits de la croissance et accompagnement du néolibéralisme au nom de la construction européenne. Ce 23 mars, la social-démocratie française a perdu l’un de ses principaux artisans. Lionel Jospin s’est éteint à l’âge de 88 ans.

Il est né en 1937 dans une famille protestante ; son père, Robert, est encarté à la SFIO : Lionel Jospin semble destiné au socialisme. Poussé par « l’anticolonialisme et l’anti-stalinisme », « enfant de Suez et Budapest », il préfère, dans un premier temps, le trotskisme. Étudiant à Sciences-Po et à l’ENA puis diplomate et professeur d’économie, son choix est fait : le mouvement lambertiste, avec l’Organisation communiste internationaliste (OCI). Un passé qu’il a d’abord nié, en...

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