Un jeu de cache-cache gore qui s'enfarge dans ses propres règles
Les réalisateurs Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett (aussi connus sous le nom de Radio Silence), reviennent pour Prêt pas prêt 2 : J’arrive, qui reprend l'histoire là où le premier volet, sorti en 2019, s’est arrêté. Grace MacCaullay (Samara Weaving) vient de survivre une nuit brutale. Le jour de son mariage, elle a appris que la famille de son mari, Alex Le Domas, faisait partie d’une secte de satanistes qui voulaient sacrifier son âme à un démon pour continuer à vivre dans la prospérité. Elle se réveille à l’hôpital après une crise de panique et reçoit la visite de sa sœur, Faith (Kathryn Newton), qu’elle n’a pas vu depuis sept ans.
Leur relation est assez tendue, mais elles n’ont pas le temps d’en parler, puisque Grace réalise très vite qu’elle est poursuivie par d’autres membres de la secte. La famille Le Domas n’était qu’une des six faisant partie d’un conseil mondial, dirigée par le très puissant Chester Danforth (David Cronenberg). Lorsqu’il constate que les Le Domas n’ont pas réussi à tuer Grace, il demande à ses enfants, Ursula (Sarah Michelle Gellar) et Titus (Shawn Hatosy) de réunir les cinq autres familles pour jouer à une nouvelle ronde de cache-cache. Malheureusement, les nouvelles règles de ce jeu, expliquées par l’avocat de la famille Danforth (Elijah Wood), sont assez compliquées et se contredisent souvent au fur et à mesure que le film s’éternise.
Comparativement au premier film, qui se focalisait principalement sur sa protagoniste, Prêt pas prêt 2 : j’arrive se concentre davantage à développer l’opération sataniste. Cela rend le scénario, écrit par Guy Busick et R. Christopher Murphy, un peu trop dense. Le rythme assez soutenu du premier opus devient plus lent ici, car l’action arrête régulièrement pour tenter d’ajouter de nouvelles règles qui, finalement, n’auront pas vraiment d’importance lorsque tout cela sera complètement ignoré lors d’un dénouement incroyablement sanglant.
Ce défaut est assez récurrent dans la filmographie de Radio Silence, où des idées peu travaillées sont éternisées jusqu’à ce qu’elles deviennent redondantes. C’est dommage, puisqu’il y a un bon nombre de scènes qui fonctionnent à merveille. L’action est très bien filmée et découpée, avec de nombreux moments surprenants dans le domaine des explosions corporelles, souvent dans des endroits où personne ne les anticipe. Un combat spécifique, ponctué par la chanson « Total Eclipse of the Heart » de Bonnie Tyler, est une grande réussite, et offre à Weaving l’opportunité de jouer dans un registre beaucoup plus comique que le film de 2019, et demeure autant excellent que dans le premier film.
Cependant, la chimie qu’elle entretient avec Faith n’est pas très convaincante, puisque Kathryn Newton a de la difficulté à interpréter son personnage. Pire encore, la quasi-totalité des personnages secondaires ont peu de chair autour de l’os, puisque la majorité d’entre eux vont mourir de façon très extravagante. Seul Shawn Hatosy, ayant récemment remporté un Emmy pour son rôle dans la série The Pitt, est mémorable en un Titus glaçant, qui démontre progressivement son côté psychopathique dans plusieurs scènes nous donnant froid dans le dos. Ces moments sont efficaces, mais transforment abruptement la violence assez comique et dynamique du film d’une brutalité peu justifiable qui est très désagréable à regarder.
Mention spéciale aussi au cinéaste canadien David Cronenberg qui en profite pour interpréter son méchant avec un certain sens de l’humour très propre à sa filmographie. Malgré son apparition assez limitée, Cronenberg éprouve beaucoup de plaisir à insuffler ses sensibilités dans une œuvre qui, somme toute, reste assez ludique et mémorable, même avec des failles apparentes.
