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Tout comprendre à la situation financière des universités en trois minutes

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10.03.2026

Le déficit de nombreuses facs devrait encore se creuser en 2026. Les personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche sont appelés à se mobiliser ce 10 mars contre le sous-financement chronique.

L’actualité. A l’initiative d’une intersyndicale, les personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) sont invités à se mobiliser ce 10 mars « contre les suppressions de postes dans le service public de l’ESR et… 

L’actualité. A l’initiative d’une intersyndicale, les personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) sont invités à se mobiliser ce 10 mars « contre les suppressions de postes dans le service public de l’ESR et la mise au pas des universités et des organismes nationaux de recherche par leur sous-financement chronique ».

Prétexte leur en est donné par la réunion le jour même du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (Cneser), organe consultatif présidé par le ministre Philippe Baptiste, qui doit se prononcer sur le budget 2026.

Les enjeux. Difficile depuis plusieurs années, la situation financière des universités prend désormais un tour critique, l’immense majorité d’entre elles – sinon la totalité – risquant de finir l’année 2026 avec d’importants déficits. Alors que le nombre d’étudiants continue d’augmenter et que les coûts de l’énergie ont explosé, les crédits n’ont pas suivi, l’Etat incitant les établissements à diversifier leurs ressources et ne compensant même pas certaines mesures pour les personnels qu’il a pourtant lui-même décidées (dégel du point d’indice, protection sociale complémentaire…). La France, il est vrai, ne brille guère en termes d’investissement dans l’enseignement supérieur et la recherche comparativement à ses voisins.

Des assises du financement des universités ont été lancées en janvier, dont la mission première n’est toutefois que « d’objectiver la situation financière » des établissements, sans qu’il soit question – pour l’instant – de débloquer des moyens supplémentaires. En attendant, de nombreuses facs réduisent leurs capacités d’accueil et gèlent les recrutements, alors même que les départs en retraite d’enseignants-chercheurs s’accélèrent. Dans ce contexte, l’augmentation – plus ou moins modulée – des droits d’inscription est une piste de plus en plus souvent avancée, même si elle est loin de faire l’unanimité.

Sans être aussi dramatique, la situation des organismes nationaux de recherche (CNRS, Inrae…) n’est guère reluisante, d’autant qu’ils se voient, comme les universités, accusés de déviation idéologique (« wokisme », « islamo-gauchisme »). Un climat soupçonneux qui a conduit à des coupes budgétaires voire des menaces sur l’existence même de certaines agences nationales productrices de connaissance (Ademe, Office français de la biodiversité, Anses, Santé Publique France…). Les nouvelles provenant de l’étranger, et en premier lieu des Etats-Unis où Trump a déclaré une véritable guerre à la science, n’ont à cet égard rien pour rassurer.

► Lâchées par l’Etat, les universités filent vers le déficit généralisé, par Malika Butzbach – 27/01/2026

► Pourquoi la quasi-gratuité de l’enseignement supérieur favorise les riches, par El Mouhoub Mouhoud – 30/01/2026

► Contre la science, l’internationale obscurantiste passe à l’offensive, par Xavier Molénat – 21/05/2025


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