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David Karas : « Le rejet du système Orbán a été déclenché par la crise de son modèle économique »

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27.04.2026

Après seize ans à la tête de la Hongrie, Viktor Orbán et son puissant parti, le Fidesz, ont été défaits par les urnes, le 12 avril. Péter Magyar, un ancien haut fonctionnaire du Fidesz qui s’est lancé en politique en 2024 en dénonçant la corruption du régime, a rassemblé les voix de tous les opposants à Orbán et a obtenu plus de deux tiers des sièges au Parlement.

David Karas, économiste au CEU-Democracy Institute à Budapest, analyse ce bouleversement politique qui traverse la Hongrie. Et décrypte ses causes, dont certaines sont économiques.

Est-ce que la défaite de Victor Orbán et la nette victoire du parti de Tisza (de droite conservatrice), qui a remporté les deux tiers des sièges au Parlement, vous ont surpris ?

David Karas : Les instituts de sondage avaient annoncé des estimations très proches des résultats, donc ils n’étaient pas tellement surprenants. En revanche… 

Après seize ans à la tête de la Hongrie, Viktor Orbán et son puissant parti, le Fidesz, ont été défaits par les urnes, le 12 avril. Péter Magyar, un ancien haut fonctionnaire du Fidesz qui s’est lancé en politique en 2024 en dénonçant la corruption du régime, a rassemblé les voix de tous les opposants à Orbán et a obtenu plus de deux tiers des sièges au Parlement.

David Karas, économiste au CEU-Democracy Institute à Budapest, analyse ce bouleversement politique qui traverse la Hongrie. Et décrypte ses causes, dont certaines sont économiques.

Est-ce que la défaite de Victor Orbán et la nette victoire du parti de Tisza (de droite conservatrice), qui a remporté les deux tiers des sièges au Parlement, vous ont surpris ?

David Karas : Les instituts de sondage avaient annoncé des estimations très proches des résultats, donc ils n’étaient pas tellement surprenants. En revanche, le fait que le parti d’Orbán, le Fidesz, ait reconnu sa défaite a constitué une véritable surprise. Avant le scrutin, il y a eu plusieurs tentatives de faire dérailler les élections, avec par exemple une fausse attaque terroriste sur un pipeline reliant la Serbie à la Hongrie.

Un média indépendant a également révélé que les services secrets russes avaient recommandé aux autorités hongroises d’orchestrer une fausse tentative d’attentat contre Viktor Orbán. Tout cela laissait présager de la volonté du gouvernement d’empêcher la bonne tenue du processus électoral. Il est surprenant qu’en fin de compte, les élections se soient tenues de manière transparente.

La défaite d’Orbán aux législatives est-elle le résultat de l’échec de son programme économique ?

D. K. : Il y a toujours plusieurs raisons derrière une défaite électorale, et il faut se garder d’un raisonnement mono-causal. Mais je pense que deux phénomènes ont particulièrement joué.

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D’une part, une série de scandales a terni l’image du Fidesz, dans lesquels des auteurs de violences pédocriminelles ont utilisé leurs connexions politiques haut placées pour se blanchir. Ces révélations ont été très dommageables à un gouvernement qui se présente comme un défenseur de la famille traditionnelle.

D’autre part, il y a effectivement la panne du modèle économique d’Orbán. L’économie hongroise repose depuis les........

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