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Camille Peugny : « La fin de non-recevoir de la part du gouvernement a accentué la colère des jeunes »

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21.10.2026

Les jeunes ont compris que l’égalité des chances était un mythe, expose Camille Peugny dans son livre Le triomphe des égoïsmes (Puf 2026). Aujourd’hui, selon le sociologue, alors qu’ils se mobilisent contre des conditions d’apprentissage dégradées et un système de sélection qui entretient les inégalités, leur sentiment d’être sacrifiés a été augmenté par la surdité du gouvernement à leurs revendications.

Le mouvement lycéen, lancé dans des quartiers défavorisés, s’est rapidement étendu à d’autres types de territoire et aux étudiants. Pourquoi ?

Camille Peugny : Le mouvement est parti des quartiers populaires car c’est là que les conditions d’enseignement sont les plus dégradées. Mais les vidéos de plafonds qui s’effondrent, d’ordinateurs qui ne fonctionnent pas, de salles qui fuient, proviennent aussi des beaux lycées parisiens, parfois au nom prestigieux. Au-delà, les lycéens des beaux quartiers et même des élèves des grandes écoles se sont mobilisés au nom de la défense de l’idéal d’égalité. Des reportages devant l’Ecole normale supérieure ou HEC ont montré des étudiants qui disaient se mettre en grève pour que leurs privilèges soient, sinon généralisés, du moins mieux partagés.

Par ailleurs, une partie des revendications touchent au système de sélection à la française, qui s’incarne dans le dispositif Parcoursup. Beaucoup ont des grands frères, des grandes sœurs, des amis qui n’ont pas obtenu de place dans l’enseignement supérieur au mois de septembre via la plateforme, et ont dû attendre des affectations arbitraires par les rectorats. Certains élèves, y compris dans des bons lycées de centre-ville, se sont rendu compte que les conditions qui leur étaient offertes........

© Alternatives Économiques