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La guerre en Iran provoque un choc énergétique historique, et 3 autres infographies à ne pas rater

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19.03.2026

Le graphorama, c'est quatre infographies sélectionnées chaque semaine par la rédaction pour regarder l'actualité autrement.

Chaque semaine, Alternatives Economiques sélectionne pour vous quatre graphiques qui éclairent différemment l’actualité.

Au menu de ce nouveau graphorama : la guerre en Iran fait monter les prix de l’énergie plus vite que la guerre en Ukraine ou que les guerres du Golfe (pour l’instant) ; les comptes de l’assurance chômage repassent dans le rouge, mais à cause des ponctions de l’Etat ; le soutien public aux énergies renouvelables coûte un peu trop d’argent selon la Cour des comptes ; chez les lycéens, l’expérimentation des drogues, de l’alcool et de la cigarette continue sa chute impressionnante….

Chaque semaine, Alternatives Economiques sélectionne pour vous quatre graphiques qui éclairent différemment l’actualité.

Au menu de ce nouveau graphorama : la guerre en Iran fait monter les prix de l’énergie plus vite que la guerre en Ukraine ou que les guerres du Golfe (pour l’instant) ; les comptes de l’assurance chômage repassent dans le rouge, mais à cause des ponctions de l’Etat ; le soutien public aux énergies renouvelables coûte un peu trop d’argent selon la Cour des comptes ; chez les lycéens, l’expérimentation des drogues, de l’alcool et de la cigarette continue sa chute impressionnante.

1/ La guerre en Iran, un choc énergétique plus rapide que la guerre en Ukraine et les guerres du Golfe

Les prix des hydrocarbures s’envolent plus vite que lors de précédents conflits

L’évolution est calculée avec la valeur moyenne entre l’ouverture et la clôture du jour par rapport à la dernière cotation disponible avant le déclenchement du conflit.

Dix-huit jours après les attaques israéliennes et américaines en Iran, les prix du pétrole et du gaz sur les marchés mondiaux ont augmenté respectivement de 48 % et 7 %. Cette hausse s’explique par la réduction de l’offre liée au blocage par Téhéran du détroit d’Ormuz, point de passage obligatoire pour environ 20 % de la production mondiale de ces hydrocarbures, et aux frappes sur les infrastructures énergétiques du Golfe. Mais les cours fluctuent également au gré des annonces de responsables politiques et économiques. Les prix ont par exemple baissé le 9 mars après que Donald Trump a déclaré que la guerre devrait « se terminer bientôt ».

La dynamique actuellement observée est plus rapide que celle de précédents conflits ayant entraîné une raréfaction de l’offre d’énergie, dont les guerres du Golfe de 1991 et de 2003 et l’invasion russe à grande échelle de l’Ukraine en 2022, comme le montrent les chiffres mis à jour quotidiennement par l’OFCE.

Il est cependant trop tôt pour savoir si l’impact sur l’économie mondiale sera comparable à ces précédents chocs. D’une part, l’intensité pétrolière du produit intérieur brut mondial (c’est-à-dire la quantité de pétrole nécessaire pour produire le même niveau de richesse) a diminué de 41 % depuis 1991 et la première guerre du Golfe, selon les chiffres de la Banque mondiale.

D’autre part, la hausse des prix du gaz est certes (pour l’instant) plus importante que celle liée à l’invasion de l’Ukraine en 2022, mais les prix avaient commencé à augmenter plusieurs semaines avant celle-ci, dans un contexte de reprise post-Covid, et la hausse s’était intensifiée quelques mois après, au moment de la coupure de l’approvisionnement européen par gazoduc russe. La durée de l’actuel conflit en Iran aura donc un impact déterminant sur l’ampleur du choc : si la crise se prolonge, les cours du Brent et du gaz pourraient encore augmenter et l’inflation se diffuser à toute l’économie.

Juliette Le Chevallier

2/ L’assurance chômage serait excédentaire sans les ponctions de l’Etat

Les comptes de l’Unédic seraient dans le vert en 2026 sans les prélèvements de l’Etat

Années 2025 à 2028 : prévisions

Publiées début mars, les dernières prévisions de l’Unédic, l’association en charge de la gestion de l’assurance chômage, montrent que son solde financier serait excédentaire sans les ponctions imposées par l’Etat depuis 2023 afin d’alimenter son propre budget. Le solde du régime serait ainsi passé, en 2026 – dernière année où ce prélèvement de l’Etat doit intervenir – de - 2,1 milliards d’euros à + 2 milliards.

Les comptes redeviendraient positifs en 2027 (+ 2,8 milliards) et en 2028 (+ 4,8 milliards). Plus généralement, d’autres facteurs expliquent l’état fluctuant des finances de l’Unédic. D’une part la conjoncture. Avec une croissance atone attendue ces prochaines années, des créations d’emploi nulles en 2026 avant une légère amélioration en 2027 et 2028 et un chômage de 8,1 % en 2026 (contre 7,9 % en 2025), les dépenses devraient continuer à être élevées pour indemniser les demandeurs d’emploi (38 milliards d’euros en 2026 et 37,5 milliards en 2028).

Malgré cette situation défavorable, le régime général de l’assurance chômage est excédentaire depuis plus de 20 ans, et les cotisations sont supérieures aux allocations versées. Mais l’Unédic doit aussi financer des régimes spécifiques déficitaires, comme l’intérim ou l’intermittence, et doit s’acquitter d’une contribution pour le fonctionnement France Travail (ex-Pôle emploi), qui pèsera jusqu’à 12 % des recettes en 2028.

Le comportement de chômeurs qui abuseraient du système n’est donc pour rien dans le creusement du déficit, car le seul régime assurantiel (dépenses d’allocations moins les cotisations) reste excédentaire. Ce sont pourtant les demandeurs d’emploi qui sont taxés, réforme après réforme. La dernière en date durcit d’ailleurs les conditions d’indemnisation après une rupture conventionnelle pour un gain, à terme, de près de 800 millions d’économies. Et elle n’est pas prise en compte dans le retour au vert espéré par l’Unédic.

3/ Les aides publiques aux énergies renouvelables coûtent un peu trop cher, selon la Cour des comptes

Le soutien public aux énergies renouvelables a coûté plus de 7 milliards d’euros en 2025

Les énergies renouvelables sont indispensables à l’atteinte des objectifs climatiques français, et leur développement nécessite un soutien public. La Cour des comptes ne le conteste pas, mais estime dans un rapport publié le 18 mars que ce soutien pourrait être plus efficient. Les charges de « service public de l’énergie » (SPE) ont en effet tendance à augmenter, passant de 4,13 milliards d’euros en 2016 à 7,44 milliards en 2025.

Ces charges sont composées pour l’essentiel de paiements aux producteurs d’énergies renouvelables – photovoltaïque, éolien et biogaz principalement – avec qui l’Etat a négocié un tarif d’achat, généralement sur vingt ans. Si le prix de marché auquel les producteurs vendent leur énergie est inférieur à ce tarif négocié, l’Etat leur donne la différence. Mais si ce prix de marché est supérieur, les producteurs versent le surplus à l’Etat. Pendant la crise énergétique de 2022-2023, celui-ci a ainsi récupéré près de 5 milliards d’euros.

Mais ce système de soutien a globalement coûté plus qu’il n’a rapporté : 26,3 milliards d’euros au total entre 2016 et 2024. Et cette somme pourrait augmenter de 87 milliards d’euros d’ici la moitié du siècle, selon l’estimation de la Cour. Reste que la volatilité des prix de marché de l’énergie peut coûter cher à l’Etat, en particulier lors des épisodes de « prix négatifs », de plus en plus fréquents, liés à une surproduction électrique.

Pour éviter les rentes chez les producteurs de renouvelables, les sages préconisent de sélectionner les plus compétitifs, par exemple en éliminant les 20 % de dossiers les plus chers lors des appels d’offres. Ils conseillent également d’introduire des clauses de révision des tarifs dans les contrats, et d’améliorer la connaissance de la filière ainsi que la lutte contre les fraudes.

4/ Vers les premières générations sans tabac ?

De moins en moins de jeunes goûtent aux substances psychoactives

La consommation de substances psychoactives a continué de décliner en 2024 chez les collégiens et lycéens, selon les données publiées le 25 février par l’OFDT (Observatoire français des drogues et des tendances addictives). Produits tabagiques et drogues illicites sont tous orientés à la baisse, quelles que soient les fréquences d’usage. Seuls 5,6 % des lycéens fument ainsi quotidiennement des cigarettes, 6,5 % du cannabis régulièrement (au moins 10 usages dans les 30 derniers jours), et ils n’étaient que 4,2 % à avoir tiré sur une chicha au cours des 30 jours précédant l’enquête.

Les points de vigilance concernent en particulier la cigarette électronique (dont, à rebours de ces tendances, les usages progressent quelle que soit leur intensité), et le protoxyde d’azote. Sujet de nombreuses inquiétudes, le « gaz hilarant » a été expérimenté par 5,8 % des lycéens, un chiffre stable par rapport à 2022 malgré des campagnes de prévention. Ils sont 2,4 % à en avoir fait usage dans l’année, une fréquence mesurée pour la première fois.

L’alcool, enfin, voit sa consommation rebondir en 2024. Mais selon l’OFDT, cela « peut être considéré comme le rétablissement des comportements de consommation après la baisse très importante mesurée entre 2018 et 2022, survenue dans le contexte de la pandémie de Covid-19 qui avait bouleversé les sociabilités adolescentes ». Sur le long terme, la consommation de boissons alcoolisées reste, elle aussi, orientée nettement à la baisse.


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