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Entre incohérences et calculs magiques, le budget du RN réinvente l’austérité et la politique de l’offre

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13.10.2026

Marine Le Pen l’avait annoncé fin août, son parti a prévu l’austérité. Le Rassemblement national (RN) a présenté le 6 octobre une trajectoire sur cinq ans pour ramener le déficit public sous 3 % dès 2028, avec 240 milliards d’euros d’ajustement budgétaire, majoritairement par des coupes dans les dépenses (166 milliards), afin de compenser 100 milliards de baisses d’impôts et de nouvelles dépenses tout en réduisant le déficit. La candidate à la présidentielle présente donc un plan de 140 milliards d’économies nettes, soucieuse de rassurer les marchés financiers.

« Il faut reconnaître que le RN présente une trajectoire chiffrée avec tout le jargon des économistes. Mais la rigueur s’arrête là », constate Eric Heyer, directeur du département Analyse et Prévision de l’Institut français d’économie (IFE, ex-OFCE).

« Il faut reconnaître que le RN présente une trajectoire chiffrée avec tout le jargon des économistes. Mais la rigueur s’arrête là », constate Eric Heyer, directeur du département Analyse et Prévision de l’Institut français d’économie (IFE, ex-OFCE).

Multiplicateurs incohérents

L’économiste critique les multiplicateurs budgétaires appliqués par le parti, c’est-à-dire l’impact de sa politique budgétaire sur l’économie.

« Les concepteurs de ce plan appliquent un multiplicateur quasi nul, de 0,08, sur leurs mesures “salées” (baisses des dépenses et hausses des recettes) et un multiplicateur très élevé de 2 sur leurs mesures “sucrées” (hausses des dépenses et baisses d’impôts). C’est totalement incohérent ! », poursuit Eric Heyer.

« Les concepteurs de ce plan appliquent un multiplicateur quasi nul, de 0,08, sur leurs mesures “salées” (baisses des dépenses et hausses des recettes) et un multiplicateur très élevé de 2 sur leurs mesures “sucrées” (hausses des dépenses et baisses d’impôts). C’est totalement incohérent ! », poursuit Eric Heyer.

Autrement dit, le RN estime que tout ce qui relève de sa politique d’austérité n’aura presque aucun effet sur l’économie, alors que ses propositions « sucrées » la stimuleront fortement.

« Il y a un débat sur le niveau des multiplicateurs budgétaires : les keynésiens défendent qu’il est plutôt élevé, alors que les néoclassiques le supposent quasi-nul. Vous pouvez soutenir l’un ou l’autre, mais pas les deux en même temps »,........

© Alternatives Économiques