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Pourquoi la police tue-t-elle proportionnellement plus de personnes issues de l’immigration ?

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24.07.2026

Bien que le ministère de l’Intérieur et les syndicats professionnels refusent de l’entendre, la police tue. Cela fait même partie de ses prérogatives. Et savoir comment la police emploie ses armes létales, mais aussi encadrer et limiter cet usage sont des impératifs démocratiques.

Le gouvernement a pourtant promu une présomption de légitime défense pour un policier ou un gendarme faisant usage de son arme à feu. Dénoncée comme un « permis de tuer », elle a été approuvée par l’Assemblée le 7 juillet, avec les voix du Rassemblement national, malgré une pétition à plus de 730 000 signatures.

L’insuffisance du contrôle de l’action des forces de l’ordre françaises, le manque d’indépendance des enquêtes sur les blessures et les morts qu’elles provoquent sont connus. Le travail des chercheurs est ainsi compliqué par la « faible qualité des données sur les homicides policiers », selon les termes du politologue Paul Le Derff.

Le chercheur à Sciences Po Bordeaux s’est attelé à une question épineuse : « Qui la police tue-t-elle ? », en tâchant de caractériser « l’origine migratoire des victimes d’interventions policières mortelles » – titre et sous-titre de l’article qui rend compte de ses travaux. Dit plus frontalement : des biais raciaux déterminent-ils ces interventions ?

L’exemple des Etats-Unis

Pour répondre, il faut affronter plusieurs défis méthodologiques. Paul Le Derff passe en revue les travaux menés dès les années 1970 aux Etats-Unis, où il est établi que les Noirs (et les personnes non-blanches en général) sont « davantage tués par la police proportionnellement à leur poids démographique ».

En 1982, une étude avait indiqué qu’à infractions équivalentes, les Noirs étaient six fois plus la cible de tirs et trois fois plus susceptibles........

© Alternatives Économiques