Les violences policières et leur déni, seule réponse de l’Etat à la crise sociale
Le déni est si massif que la plupart des médias d’information en sont tout juste à se demander s’il n’y aurait pas un problème de violences policières en France. Ceci après qu’un lycéen a perdu un œil, un autre une main et un troisième sa mâchoire, conduisant – fait exceptionnel – les autorités à suspendre l’utilisation des grenades assourdissantes (mais pas celle des lanceurs de balles de défense), le 7 octobre.
Cinq jours plus tôt, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez ne se cachait pas, sur TF1, de lâcher la bride aux forces de l’ordre : « Il n’y a aucune consigne de retenue et aucune consigne de ne pas utiliser tout l’armement intermédiaire à disposition des forces de sécurité. »
Au 8 octobre, le bilan de 6 877 gardes à vue officialisé par le ministère de la Justice dépasse, en un peu plus de deux semaines, celui des douze premiers mois du mouvement des gilets jaunes. Soit 53 % de plus que durant les émeutes de 2005, ou encore 3,6 fois le total pour le mouvement anti-CPE de 2006, et 95 fois celui de Mai-68, selon les décomptes de l’historien Vincent Lemire.
Emballement répressif contre les lycéens, la preuve en chiffres, Vincent Lemire sur Bluesky, 6 octobre 2026.
Emballement répressif contre les lycéens, la preuve en chiffres, Vincent Lemire sur Bluesky, 6 octobre 2026.
Avec 86 % de mineurs sur ces 6 877 gardes à vue, c’est peu dire que face à toute contestation, y compris celle d’enfants, l’Etat n’a d’autre réponse à apporter que la militarisation du maintien de l’ordre et la brutalisation des manifestants.
La politique des mutilations
« Dans quel Etat vit-on, où le gouvernement considère que son propre peuple est un adversaire de type militaire ? », interrogeait déjà l’écrivain et avocat François Sureau en 2019 sur........
