Bien-être animal : la productivité a tué les progrès dans l’œuf
Il y a cinquante ans, l’article L-214 du code rural imposait aux éleveurs de prendre en compte le bien-être animal. Les améliorations réalisées depuis ont été largement annulées par l’augmentation de la taille des fermes.
L’article L-214 du code rural, qui impose d’offrir à chaque animal d’élevage « des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce », fête ses cinquante ans. Durant ce demi-siècle, notre rapport aux bêtes a-t-il vraiment changé ?
Grâce aux images marquantes diffusées par les associations, à l’évolution de l’opinion…
L’article L-214 du code rural, qui impose d’offrir à chaque animal d’élevage « des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce », fête ses cinquante ans. Durant ce demi-siècle, notre rapport aux bêtes a-t-il vraiment changé ?
Grâce aux images marquantes diffusées par les associations, à l’évolution de l’opinion, aux apports de la recherche publique et aux efforts de certains éleveurs, la façon dont la viande, les œufs, ou le lait sont produits n’est en tout cas plus la même.
Les dix dernières années, en particulier, ont vu en France la fin du broyage des poussins, l’interdiction de la castration des porcelets ou la réduction de la production d’œuf en cage. Mais derrière ces concessions techniques, et cette prise de conscience grandissante, tout reste à faire pour respecter les « impératifs biologiques » des animaux, estiment les associations.
« Les avancées des dernières années relèvent de symboles, qui n’ont pas remis en cause les systèmes de production », résume Agathe Gignoux, chargée de plaidoyer au sein de l’association CIWF (Compassion in Worldwide Farming).
« Les avancées des dernières années relèvent de symboles, qui n’ont pas remis en cause les systèmes de production », résume Agathe Gignoux, chargée de plaidoyer au sein de l’association CIWF (Compassion in Worldwide Farming).
Industrialisation de l’élevage
Dans un rapport publié ce 10 juin, à l’occasion du cinquantième anniversaire du texte, l’association qui en a tiré son nom, L-214, rappelle de son côté que les conditions « compatibles avec les impératifs biologiques », correspondent à l’absence de faim, de douleurs, de stress, et à la liberté « d’exprimer les comportements normaux de son espèce ».
Les scientifiques de l’agence sanitaire européenne comme ceux des instituts techniques agricoles en France ont traduit ces exigences pour chaque espèce. Les cochons doivent par exemple pouvoir fouir le sol, quand les poulets doivent pouvoir se percher et prendre des bains de poussière. Et les lapins, « craintifs et très actifs », comme le rappelle L-214, doivent avoir assez d’espace pour sauter et se cacher.
En cinquante ans, le nombre de porcs et de volailles détenus en moyenne par ferme a été multiplié par quinze
En cinquante ans, le nombre de porcs et de volailles détenus en moyenne par ferme a été multiplié par quinze
Dans la plupart des cas, répondre à ces recommandations impose non seulement de rénover les bâtiments, de diminuer la densité du nombre d’animaux, mais aussi de trouver des terres pour offrir aux bêtes un accès à l’air libre. Autrement........
