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Pétrole, immobilier, cryptos, paradis fiscaux : plongée au cœur de la fortune de Mojtaba Khamenei

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25.03.2026

La richesse du nouveau guide suprême iranien incarne les dérives d’une mondialisation financière dans laquelle les frontières entre le légal et l’illégal sont poreuses.

Nommé nouveau guide suprême après la mort de son père, consécutive à des frappes américaines fin février, Mojtaba Kahmenei n’est pas un inconnu. Dès 2019, le département du Trésor américain l’avait pointé du doigt comme l’un des hauts responsables du régime, son père lui ayant déjà délégué une large part de son autorité… 

Nommé nouveau guide suprême après la mort de son père, consécutive à des frappes américaines fin février, Mojtaba Kahmenei n’est pas un inconnu. Dès 2019, le département du Trésor américain l’avait pointé du doigt comme l’un des hauts responsables du régime, son père lui ayant déjà délégué une large part de son autorité.

Compte tenu de sa place au cœur du pouvoir, il est souvent difficile de distinguer les circuits financiers qui alimentent sa propre caisse personnelle, le budget général iranien et ceux qui permettent au Beyt – la maison du guide – de fonctionner avec ses milliers de personnes.

Néanmoins, entre les actions de la justice américaine et britannique et les enquêtes journalistiques, on peut se faire une première idée des multiples réseaux qui fonctionnent autour du nouveau leader1.

Les circuits fantômes du pétrole

Le pétrole iranien fait régulièrement l’objet de sanctions américaines et européennes depuis une trentaine d’années. La période a été mise à profit pour développer une flotte fantôme de pétroliers à même de livrer l’Asie – la Chine en particulier. Une étude a estimé que ce dark shipping représentait, au niveau mondial, plus de 40 % du marché pétrolier. Un commerce opaque qui, pour la partie iranienne, serait à la source de la fortune de Mojtaba Khamenei.

Pour transporter ce pétrole, il faut des bateaux. Plusieurs sociétés sont à l’œuvre. En juillet 2025, le Trésor américain désigne l’homme d’affaires irako-britannique Salim Ahmed Said comme une tête de pont du trafic, avec des pétroliers immatriculés à la Barbade, aux Seychelles, au Panama, aux Iles Vierges britanniques, etc. En juin 2025, le ministère des Finances américain avait détaillé un circuit parallèle de circulation de capitaux,........

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