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La baisse historique du chômage en Italie, un mirage plutôt qu’un « miracle Meloni »

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23.10.2026

Ce 22 octobre marque les quatre ans de Giorgia Meloni à la tête de l’Italie. A quelques mois de briguer un second mandat en 2027 et dans une économie atone, avec une croissance du PIB de seulement 0,6 % en 2025, la présidente du Conseil italien et son parti, Fratelli d’Italia (FdI), s’accrochent à un succès : la baisse du chômage.

Si le taux de chômage est remonté en août, s’établissant à 6,2 % selon Eurostat, il avait en effet atteint un plus bas historique en mai, avec 5,6 %, c’est-à-dire en dessous de la moyenne européenne. Revenu de loin, le taux d’emploi, s’est établi quant à lui à 67,6 % pour 2025, toujours selon Eurostat, un record pour l’Italie.

La situation peut faire rêver ses voisins, alors que le taux de chômage était, en août, de 10 % en Espagne et de 8,2 % en France. Ces bons résultats, interprétés comme un des signes du rebond économique italien, sont d’ailleurs convoqués régulièrement dans le débat public français à l’approche de l’élection présidentielle.

Y aurait-il un « miracle Meloni », une méthode gagnante de sa coalition de droite et d’extrême droite pour booster l’emploi ? Voire un lien de cause à effet entre la flexibilisation du marché du travail et les créations d’emplois ? Bref, l’économie italienne serait-elle sur la voie d’un redressement structurel ? Pas si simple.

Contraction démographique

« Il serait trompeur d’interpréter cette baisse du chômage comme le signe d’une amélioration substantielle du marché du travail, prévient d’emblée Valeria Cirillo, économiste et chercheuse à l’université de Bari. En réalité, cette baisse résulte à la fois de véritables créations d’emplois et de changements démographiques et structurels qui ont réduit la taille et modifié la composition de sa population active. »

S’il n’est pas l’apanage de l’Italie, le déclin démographique y agit comme une lame de fond depuis plus longtemps. La population en âge de travailler vieillit et atteint l’âge de la retraite, tandis que de moins en moins de jeunes entrent sur le marché du travail. Avec 1,18 enfant par femme, le taux de fécondité figure parmi les plus faibles d’Europe. 

« Cette contraction démographique réduit le nombre de personnes considérées comme sans emploi et, par conséquent, fait baisser le taux de chômage, même en l’absence d’une croissance particulièrement forte de l’emploi », explique Valeria Cirillo.

« Cette contraction démographique réduit le nombre de personnes considérées comme sans emploi et, par conséquent, fait baisser le taux de chômage, même en l’absence d’une croissance particulièrement forte de l’emploi », explique Valeria Cirillo.

A ce décrochage démographique s’ajoute le fait que les travailleurs seniors restent plus longtemps en activité. La succession de réformes des retraites a repoussé l’âge légal de départ à 67 ans. 

« Le taux d’activité des 55-64 ans a augmenté d’environ 25 points de pourcentage entre 2000 et 2024, et les dernières données disponibles vont dans le même sens : au deuxième trimestre 2026, la plus forte hausse du taux d’emploi en glissement annuel a été enregistrée chez les 50-64 ans, atteignant 68,3 % », détaille l’économiste. 

« Cela signifie qu’une part de la hausse de l’emploi reflète en réalité le report du départ des travailleurs âgés du marché du travail plutôt qu’une amélioration généralisée des opportunités d’emploi pour la population en âge de travailler. »

« Cela signifie qu’une part de la hausse de l’emploi reflète en réalité le report du départ des travailleurs âgés du marché du travail plutôt qu’une amélioration généralisée des opportunités d’emploi pour la population en âge de travailler. »

Autre facteur de taille, plus conjoncturel celui-là : la perfusion exceptionnelle des fonds du NextGenerationEU, le plan de relance européen post-Covid, qui a irrigué l’économie de la Botte. Les 194 milliards d’euros de subventions et de prêts alloués à Rome – soit, avec 26 % du total, la plus grosse enveloppe au sein de l’UE  – sont venus soutenir l’activité après la crise sanitaire. 

En juin, Rome n’avait dépensé que 61 % des fonds, selon le centre de recherche indépendant italien Openpolis, le gouvernement ayant repoussé à plusieurs reprises les dépenses vers la fin de la période. Mais cette manne se tarit, puisque les fonds sont censés avoir été utilisés d’ici fin 2026.

Cependant, analyse Marta Fana, chercheuse en économie appliquée à l’université de Parme, « la relance économique permise par les fonds européens n’a pas débouché sur une véritable reprise de l’activité. Le volume d’heures travaillées n’a pas retrouvé celui de l’avant Covid. Ce qui signifie que ces milliards d’euros n’ont pas généré des emplois de qualité. Ni de croissance, en termes manufacturiers ; ni d’investissements. » Et de conclure : 

« L’industrie manufacturière italienne demeure en crise, du fait aussi de la baisse des commandes en provenance d’Allemagne, son principal client. »

« L’industrie manufacturière italienne demeure en crise, du fait aussi de la baisse des commandes en provenance d’Allemagne, son........

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