Rapport du COR : la baisse de la natalité monopolise (à tort) le débat sur les retraites
L’édition 2026 du rapport du Conseil d’orientation des retraites intègre les nouvelles hypothèses démographiques de l’Insee, ce qui relance le débat sur l’allongement de l’âge de départ. Eclipsant des enjeux plus urgents.
De moins en moins de poussettes, de plus en plus de têtes blanches… C’est le scénario qui se dessine pour le pays dans les prochaines décennies. En tout cas, c’est ce que projette l’Insee dans ses nouvelles hypothèses démographiques publiées ce 8 juin1.
« D’ici 2070, le nombre d’habitants de 65 ans ou plus augmenterait de 5,8 millions, détaille l’institut statistique. Et la hausse du nombre de personnes âgées serait essentiellement portée par celle des 80 ans ou plus ( 4,6 millions). »
« D’ici 2070, le nombre d’habitants de 65 ans ou plus augmenterait de 5,8 millions, détaille l’institut statistique. Et la hausse du nombre de personnes âgées serait essentiellement portée par celle des 80 ans ou plus ( 4,6 millions). »
Plus de seniors, ça veut donc dire… plus de retraités. Comme l’agenda est bien fait, le Conseil d’orientation des retraites (COR) a publié ce 11 juin son rapport annuel2, en intégrant à ses simulations sur les perspectives et évolutions du système de retraites (dépenses, ressources, solde) les projections de l’Insee.
« Le scénario de référence retenu repose désormais sur un taux de fécondité de 1,45 enfant par femme à partir de 2028 [contre 1,8 dans le rapport 2025, NDLR], des gains d’espérance de vie légèrement revus à la baisse et un solde migratoire annuel de 150 000 personnes dès 2026 [contre 70 000 dans le rapport 2025, NDLR] », indique ainsi le COR.
« Le scénario de référence retenu repose désormais sur un taux de fécondité de 1,45 enfant par femme à partir de 2028 [contre 1,8 dans le rapport 2025, NDLR], des gains d’espérance de vie légèrement revus à la baisse et un solde migratoire annuel de 150 000 personnes dès 2026 [contre 70 000 dans le rapport 2025, NDLR] », indique ainsi le COR.
Depuis la publication des nouveaux chiffres de l’Insee et la traditionnelle fuite du prérapport du COR en début de semaine, le paysage médiatique et politique s’est vite s’emballé. La « page 127 » du rapport sur les scénarios de report de l’âge de la retraite pour pérenniser les finances du régime a pris toute la lumière. « Un âge de départ à 67,6 ans en 2070, la piste explosive du COR pour atteindre l’équilibre », titrait Le Parisien dès le 8 juin.
D’autres titres de presse ont embrayé et les débats se sont à nouveau multipliés sur les plateaux télé au sujet de l’inexorable nécessité de travailler plus longtemps, qui serait confirmée par le COR. « Le conseil réalise des simulations statiques, mais ne formule pas de recommandation ou de préconisation », a dû rappeler son président Gilbert Cette, lors de la présentation du rapport à la presse, en réponse à ces unes catastrophistes publiées quelques jours auparavant.
Faut-il donc crier avec les loups et s’inquiéter d’un effondrement du taux de la natalité qui mettrait en péril notre système de retraites ? Pas vraiment en fait.
« Ce rapport nous livre de nouvelles informations. Elles indiquent qu’il peut y avoir un peu plus de tension, principalement avec la démographie, mais ce n’est ni particulièrement alarmant, ni complètement déterministe, ni susceptible de changer les équilibres à très court terme », analyse Michaël Zemmour, enseignant-chercheur à l’université Lyon 2 et chercheur associé au LIEPP (Sciences Po).
« Ce rapport nous livre de nouvelles informations. Elles indiquent qu’il peut y avoir un peu plus de tension, principalement avec la démographie, mais ce n’est ni particulièrement alarmant, ni complètement déterministe, ni susceptible de changer les équilibres à très court terme », analyse........
