Le réseau ferroviaire français peut-il survivre à la canicule ?
Sept mois après son arrivée à la tête de la SNCF, c’est le baptême du feu pour Jean Castex. En déplacement à la gare Montparnasse, dimanche 21 juin, l’ex-Premier ministre l’a reconnu : « le réseau ferroviaire français est fortement affecté par le phénomène caniculaire », recommandant aux personnes « les plus vulnérables » de ne pas prendre le train.
La vague de chaleur met à mal à la fois l’infrastructure et le matériel. Au cours des derniers jours, les problèmes se sont multipliés : un rail s’est dilaté à l’entrée de la ligne à grande vitesse Paris-Bordeaux, engendrant des retards en pagaille. Le trafic a été interrompu gare de l’Est à cause d’un défaut d’alimentation électrique. Enfin, un train Ouigo est resté bloqué à un kilomètre de la gare de Toulouse, avec une climatisation défaillante, obligeant les passagers à rejoindre la gare en marchant le long des rails. A cela s’ajoutent des difficultés liées à la canicule et sur lesquelles la vieille maison a peu de prises, comme les incendies en bord de voie.
Les défis sont principalement de deux ordres. Le premier concerne l’infrastructure, vieillissante, et durement touchée par la chaleur. En région Ile-de-France, une desserte sur dix est actuellement supprimée en raison de la diminution de la vitesse des trains. « Avec la chaleur, le métal se dilate et les trains doivent ralentir pour éviter les déraillements et pour ne pas arracher les caténaires », précise Patricia Perennes, économiste spécialiste du transport ferroviaire.
L’autre difficulté réside dans le matériel, et en la matière, l’inquiétude de la SNCF porte surtout sur les Corail, datant des années 1970 et dont les systèmes de climatisation n’ont pas été conçus pour supporter de telles températures. Entre le 18 et le 22 juin, la........
