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En Espagne, la crise du logement débouche sur une crise politique

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06.10.2026

En dix jours à peine, le climat politique et social en Espagne a radicalement changé. Les efforts du gouvernement de coalition de gauche dirigé par Pedro Sánchez pour atténuer les drames liés à la hausse des expulsions locatives et à la pénurie de logements ont échoué au Congrès le 2 octobre dernier.

Les députés de droite du Parti populaire (PP), les indépendantistes catalans de Junts et le parti d’extrême droite Vox se sont fermement opposés aux mesures visant à remédier à la détresse de millions de familles confrontées à des problèmes de logement.

Les difficultés du gouvernement à redresser la situation s’ajoutent aux tensions engendrées par la crise migratoire à Ceuta – ville espagnole située en Afrique du Nord – qui a connu, les 30 et 31 juillet 2026, l’entrée soudaine d’environ 70 000 Marocains lors d’une opération aux allures de guerre hybride. Dans ce climat d’incertitude et de crise politique aiguë, Pedro Sanchez s’est résolu à annoncer des élections législatives anticipées pour le 29 novembre prochain.

La déflagration Maricarmen

Le mécontentement social a éclaté le 23 septembre lorsque Maricarmen Abascal, une femme de 87 ans à mobilité réduite, a été expulsée du domicile qu’elle occupait depuis plus de soixante-dix ans. Durant toute cette période, elle avait toujours réglé ponctuellement son loyer, s’élevant à environ 500 euros par mois. Le dernier propriétaire de l’immeuble, le fonds Urbagestión, a brutalement augmenté le loyer pour le porter à 2 650 euros, avant de le ramener à 1 650 euros. Une somme impossible à assumer pour une personne percevant une pension mensuelle de 1 450 euros.

Au terme d’une longue procédure judiciaire, Maricarmen a été violemment expulsée de son domicile, évacuée sur une civière vers un hôpital, une scène qui a suscité l’indignation générale. Le rapporteur de l’ONU sur le droit au logement, Koldo Casla, a critiqué la........

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