Le groupe Agence française de développement, placé malgré lui en situation ...
Le groupe Agence française de développement (AFD) vient de changer de directeur général. Rémy Rioux qui pilotait cette banque publique de développement depuis près de 10 ans a été remplacé par Christophe Lecourtier, ancien ambassadeur de France au Maroc mais également ancien directeur de Business France, une institution publique qui assure la promotion des intérêts des entreprises françaises à l’international.
Le groupe AFD qui regroupe trois entités – l’Agence française de développement qui finance le secteur public, Proparco qui finance le secteur privé, Expertise France qui assure des prestations d’assistance technique – a engagé près de 14 milliards d’euros en prêt et en don en 2025. Ce bilan comptable plutôt flatteur pourrait faire croire que son avenir est assuré, que son activité répond à un besoin partagé par tous. Or, il n’en est rien. Le groupe AFD doit faire face à de nombreux défis.
Premièrement, son activité principale en prêt (90 % de son portefeuille annuel d’engagements) est doublement impactée par la hausse du coût de cette ressource empruntée sur les marchés internationaux - ses taux d’emprunts augmentent car ils sont indexés sur le coût de refinancement de la dette française qui atteint près de 4 % - et par la baisse drastique de l’enveloppe de bonification des prêts - subvention versée par le budget de l’État - qui lui permettait d’offrir à certains emprunteurs des conditions améliorées en prêts bonifiés.
Deuxièmement, son activité en don (10 % de son activité) devient pratiquement résiduelle à la suite des coupes budgétaires drastiques opérées depuis 2023 dans la mission d’Aide publique au développement qui finance la solidarité internationale active de la France.
En conséquence, son........
