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Un avenir sans pesticides : un défi collectif pour la science et la société

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01.02.2025

Imaginez un monde où aucun pesticide n’est utilisé ! Les sols sont sains, la biodiversité reprend vie, et nos aliments sont cultivés de manière respectueuse de l’environnement. Mais comment y parvenir ? Au cours des quinze dernières années, des programmes de recherche et d’innovation (R&I) dits de « missions sociétales », comme celle d’éliminer les pesticides, ont vu le jour. Les chercheurs jouent un rôle clé dans ces transitions, puisqu’ils sont financés pour étudier des solutions alternatives afin de répondre à ces défis sociétaux. Contrairement à des missions du passé comme le programme Apollo, qui visait à envoyer un homme sur la Lune, les défis actuels sont bien plus complexes. Il ne suffit pas de trouver une solution technique. Il faut s’assurer que celle-ci soit adoptée et utilisée, ce qui induit souvent d’autres changements (nouvelle réglementation, mode de consommation, réorganisation des filières…) dans la société.

Pour relever les défis actuels, les chercheurs ne peuvent pas se limiter à fixer de nouveaux objectifs scientifiques. Ils doivent prendre en compte la nécessité de changer nos systèmes non soutenables. La littérature scientifique met en avant les difficultés à orienter une science d’excellence vers des objectifs sociétaux, qui pourraient devenir visibles bien après la fin d’un programme de « mission ». Dans ce cas, comment les chercheurs pourraient-ils prendre leurs responsabilités et contribuer à relever des défis sociétaux ?

La réalisation d’une « mission sociétale » n’est pas une tâche simple. Elle n’est pas le résultat direct d’un programme de R&I, mais celui d’un chemin complexe et incertain. Son succès nécessite du temps, des ressources et un travail collaboratif entre de nombreux secteurs et acteurs. Être responsable dans un contexte de mission exige des chercheurs qu’ils repensent les liens entre leur science et la société. Cela implique d’inclure une variété d’acteurs non académiques, de co-développer des solutions alternatives et d’avancer ensemble. Cela nécessite également des visions claires de la manière dont un tel futur pourrait devenir réalité : quelles solutions développées ? impliquant quels changements nécessaires au sein de la société ?

À cet égard, l’évaluation formative est un moyen potentiel de soutenir la responsabilisation des chercheurs. Elle consiste à comprendre les changements en train de se faire avec d’autres acteurs et d’évaluer le cheminement en temps réel vers un impact souhaité. ASIRPA Temps Réel (TR), développée au sein de l’Institut National de Recherche pour l’Agriculture et l’Environnement........

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