menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

La coupe des Québécoises, d'hier à aujourd'hui

46 0
21.05.2026

Le feeling est incroyable !

Pour la première fois de ma carrière, j’ai vécu un championnat professionnel de hockey remporté sur place.

Le moment où tu réalises que le match est gagné. L’explosion d’émotions dans les dernières secondes. La frénésie de voir les joueuses sauter de joie.

Puis viennent la remise du trophée de la joueuse la plus utile, la présentation de la coupe Walter et les traditionnels tours de patinoire.

Je ne sais pas comment c’était pour les Bertrand Raymond et les Réjean Tremblay à l’époque, mais pour la première fois depuis que le Canadien a battu les Kings en 1993, Montréal a remporté un championnat de hockey professionnel.

Avoir l’occasion de fouler la glace une vingtaine de minutes après la fin du match, au cœur des célébrations, c’est une expérience unique. Plusieurs chroniqueurs et journalistes ne vivront jamais ce moment avec leur équipe locale.

À ma troisième saison à couvrir la Victoire de Montréal au quotidien, dans les hauts comme dans les bas, j’ai eu la chance de vivre ce privilège.

L’heure que j’ai passée sur la glace était magique.

Magique dans le sens que tout le reste ne comptait plus. Comme si Mesmer nous avait hypnotisés.

Un début de match laborieux, un point de presse où la coach ne dit pas grand-chose, une situation mal gérée. Une querelle, une mésentente ou un désaccord. Une joueuse qui a moins de temps de glace ou qui ne joue pas en finale.

Tout ça ne compte plus.

Tout le monde — nous inclus — vivait un moment d’euphorie.

Les pionnières sur place

Je suis passé de joueuse en joueuse, mais aussi de coach en coach, et de pionnière en pionnière.

Je voulais prendre le pouls de celles qui venaient de gagner, mais aussi de celles qui ont frayé le chemin à l’existence même de la LPHF.

Parce qu’en toute honnêteté, une coupe Walter, ce n’est pas une coupe Clarkson ni une coupe Isobel. Ces championnats étaient importants pour leur époque, mais les conditions dans lesquelles évoluaient les joueuses ne se comparent tout simplement pas à celles qu’elles ont depuis les trois dernières années.

Non, ce n’est pas encore parfait. Et je serai toujours là pour rappeler que ce n’est pas encore parfait. C’est la seule façon de s’améliorer.

Mais force est d’admettre qu’il y a une grosse différence entre le hockey féminin de 2026 et celui d’avant la LPHF.

Voir une légende comme France St-Louis aussi émotive, comme si elle venait elle-même de remporter la coupe, c’était profondément touchant.

Entendre Kim St-Pierre — qui serait aujourd’hui parmi les gardiennes les mieux rémunérées au monde si elle était encore au sommet de sa carrière, mais qui n’a jamais réellement pu vivre du hockey — être aussi touchée de faire partie de cette organisation, ça en disait long.

Une Danièle Sauvageau impliquée dans le hockey depuis 30, peut-être même 40 ans, présente dans toutes les batailles, tellement fière du travail accompli collectivement.

Une Caroline Ouellette, dont les parents s’occupaient de la porte à l’aréna Étienne-Desmarteau à l’époque où une poignée de spectateurs seulement venaient les encourager, visiblement émue par ce qui venait de se produire.

Cette génération de femmes qui devait payer de sa poche pour jouer, qui ne pouvait pas vivre de son sport, qui s’entraînait et disputait ses matchs à des heures impossibles, mais qui a joué un rôle essentiel dans l’évolution du hockey féminin, célébrait elle aussi.

Une pensée pour elles

Je pense aux Stars, aux Canadiennes et à la Force.

Je........

© TVA Sports