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Une culture retrouvée, une équipe transformée

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28.02.2026

Ils ont réussi ! Geoff Molson et sa garde rapprochée sont parvenus à redonner de la noblesse perdue au Canadien de Montréal. 

Rien à voir avec les victoires et les défaites. Celles-ci sont l’essence du sport et invariablement elles surviennent chez les bonnes comme les moins bonnes formations. Dans les pires éditions de l’histoire de la Ligue nationale, on trouve des brillantes victoires et des jeux dignes des moments forts de l’année. Dans ses décennies de vaches maigres suivant la transaction de Patrick Roy, le Tricolore compilait malgré tout quelques éclairs de génie.

La saison actuelle nous en offre plus que ce que l’on rêvait de revoir un jour. On ne compte plus les séquences époustouflantes conclues les bras dans les airs devant un Centre Bell en ébullition. Tantôt Hutson, tantôt Demidov, Caufield, Suzuki, Slafkovsky : on est loin des saisons où l’on se demandait si un seul de nos joueurs atteindrait 65 points. Et dire que Hage et Zharovsky s’amènent bientôt dans la conversation...

Cette équipe qui a pris les grands moyens pour redevenir une puissance de la Ligue nationale est en train de le faire avec distinction, probablement en moins de temps que ce à quoi on s’attendait. On ne va pas s’en plaindre.

Au‐delà des statistiques individuelles et des résultats collectifs, il y a la manière. Celle‐ci trouve sa source dans la culture de l’organisation. Avouons qu’on trouvait la phrase un peu creuse lorsque Geoff Molson, Jeff Gorton, Kent Hughes et Martin St‐Louis insistaient sur l’importance d’instaurer une culture au sein de l’équipe.

On avait surtout retenu l’objectif d’être « dans le mix », parce que celui-ci semblait concret. La culture, c’est autre chose : intangible, sans date de livraison ni de péremption. Être dans le mix, ça se mesure entre le 15 octobre et le 31 mars. La culture, autrement plus essentielle, se discute pas mal moins bien. Et pourtant, sans vraiment le verbaliser, vous sentez cette culture installée chez le Canadien.

Le grand plan des architectes de la reconstruction ne pouvait pas se limiter à couler à pic, mieux repêcher, mieux développer et espérer. C’est l’équivalent de construire la plus belle maison de campagne et d’oublier de creuser un puits. La culture, c’est l’eau qui rend cette maison fonctionnelle et vivante. Il faut s’en abreuver, s’y immerger, l’incarner, la ressentir et l’assimiler.

Pourquoi cette sélection de repêchage plutôt qu’une autre ? Pourquoi échanger ce talent et acquérir celui-là ? Parce que ces éléments répondent aux critères nécessaires pour former le meilleur groupe de 23 joueurs possible. Vingt-trois hommes rassemblés dans leurs différences et unis sous un même principe : incarner la culture de l’organisation.

Cette culture s’enracine sous nos yeux. À l’interne, les vétérans en témoignent : Alexandre Carrier ne voudrait pour rien au monde jouer ailleurs. Mike Matheson non plus. Phillip Danault aurait accepté de jouer gratuitement pour remettre le chandail Bleu-Blanc-Rouge.

Cette culture permet aussi quelques bijoux, comme mettre sous contrat certains éléments en bas de leur valeur réelle. On applaudira Lane Hutson longtemps.

Le Canadien gagne ou perd, c’est normal. Mais sa plus grande victoire est d’avoir instauré sa culture et son identité. C’est ainsi que la 25e coupe Stanley redevient plausible.


© TVA Sports