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Le Canada gagnait l'or avec Crosby

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24.02.2026

Avec Sidney Crosby en uniforme, cette finale-là ne se rendait jamais en prolongation. Et surtout pas à trois contre trois. Le Canada l’aurait emporté dans le temps réglementaire, sans scandale ni discussion inutile sur les règles. Une victoire claire, avec au moins deux buts d’avance. 

On ne réalise pas toujours l’impact colossal qu’a encore Crosby, même à 38 ans. Plus les minutes s’écoulaient, plus les Canadiens semblaient crispés. Les mains moites, les bâtons rigides... incapables de compléter leurs jeux offensifs.

Après le triomphe américain, Connor Hellebuyck s’est empressé de rappeler qu’on ne pourrait plus lui reprocher de ne pas gagner les grands matchs. Et il n’a pas tort.

Mais la vérité, c’est que le Canada lui a facilité la vie. Très peu de circulation devant lui, pas assez d’écrans, et plusieurs occasions ratées. Les deux échappées de Connor McDavid et Macklin Celebrini ? Les deux meilleurs manieurs de rondelle de l’équipe, oui, mais des défis relativement simples pour Hellebuyck.

Nervosité ? Possiblement. La même qui a visiblement fait mal à Nathan MacKinnon, incapable de capitaliser devant une cage béante.

Au final, Cale Makar a battu le « cerbère de Donald Trump » avec un tir parfait. Pendant que du côté américain, disons que Jack Hughes et Matt Boldy ne peuvent pas en dire autant...

La vérité qui dérange : la performance de Jordan Binnington en finale du tournoi des 4 Nations, l’an dernier, était supérieure à celle de Hellebuyck dimanche à Milan. Et bien qu’il ne soit pas responsable de la défaite, Binnington voudra sûrement revoir les deux buts qu’il a accordés.

La gestion du banc : un vrai enjeu

Est-ce que Jon Cooper aurait dû mieux gérer son temps de jeu ?

En défense, difficile de contester les choix. Moins de 10 minutes pour Drew Doughty et Shea Theodore, ça se défend. On peut tout de même se demander si Mike Matheson ou Noah Dobson auraient offert plus.

En attaque, c’est plus dur à justifier. Moins de 12 minutes pour Suzuki, Hagel, Horvat, Jarvis, Reinhart, Marchand et Bennett. Seulement 13 minutes pour Tom Wilson.

Huit attaquants qui, ensemble, ont joué 81 minutes sur 180. Ça laissait environ 100 minutes à distribuer... à seulement cinq joueurs.

On comprend que lorsqu’on possède un trio formé de McDavid, MacKinnon et Celebrini, on l’utilise au maximum. Mais plusieurs gars en jambes n’ont jamais vraiment eu la chance d’influencer le match. Sam Bennett en est un bon exemple. Nick Suzuki aussi : un joueur qui carbure pourtant aux grands moments.

Le Canada a perdu l’or, les Américains ne l’ont pas « volé »

C’est facile de refaire le match après coup. Mais la vérité demeure : les Américains n’ont pas gagné l’or.

C’est le Canada qui l’a perdu.

Dans les moments décisifs, les meilleurs joueurs canadiens ont tous commis la même erreur : trop vouloir en faire.

McDavid a tenté de traverser deux joueurs d’un coup. Makar est venu l’aider sans se méfier, perdant l’équilibre. MacKinnon, lui, a tenté de protéger la rondelle au lieu de la dégager.

Trois batailles perdues, un revirement fatal. Les trois croyaient que MacKinnon réussirait à sortir du trouble et leur remettre la rondelle pour un deux contre un en or. Le rêve canadien aurait pu se conclure là, avec un simple gardien déporté et un trou grand comme l’Italie entre les jambières.


© TVA Sports