La flanelle redevient sacrée sous nos yeux
Tous les entraîneurs de hockey souhaitent voir leur équipe traverser des creux au cours d’une saison, pour atteindre son apogée au bon moment. À ce chapitre, Martin St-Louis peut – et doit – être satisfait de la régularité affichée par son groupe depuis le début de la campagne.
Le Canadien est sorti des blocs dès le mois d’octobre. Après 21 matchs, le CH présentait une fiche de 11-7-3, bon pour 25 points sur une possibilité de 42 et un rendement de ,595. À pareille date l’an dernier, l’équipe jouait pour ,405.
La progression ne s’est pas arrêtée là. Lors de la deuxième tranche de 21 matchs, Montréal a récolté 27 points sur 42, affichant une efficacité de ,643, exactement le même ratio qu’en 2024-2025. Puis, au troisième quart de la saison, le rendement est encore monté d’un cran : 28 points sur 42 et une efficacité de ,666, contrairement à une chute à ,524 l’an dernier.
Et voilà qu’après 10 des 19 matchs du dernier quart du calendrier, le CH montre un dossier de sept victoires contre seulement trois revers, pour un rendement moyen de ,700. À titre comparatif, il était de .658 l’an dernier.
Des défauts... mais une identité claire
Rien n’est jamais parfait. Et comme le sport national du Québec demeure de parler de hockey, les petits défauts de l’équipe sont relevés quotidiennement.
N’empêche. Malgré un travail parfois hasardeux devant le filet en début de saison, la présence d’une recrue au centre du deuxième trio, l’absence d’éléments de robustesse à l’attaque, le manque d’un défenseur droitier vétéran pour épauler le joyau Lane Hutson, et surtout l’immobilisme complet du tandem Gorton-Hughes à la date limite des transactions du 6 mars, le Canadien continue d’avancer.
Mieux encore : la flanelle redevient sacrée sous nos yeux, match après match.
Dimanche, en Caroline, le Canadien n’a pas simplement gagné. Il a triomphé.
Pour une 25e fois cette saison, Montréal est venu de l’arrière pour l’emporter — du jamais vu dans la prestigieuse histoire du club. Le gain de 3-1 représentait également une cinquième victoire consécutive, une première en près de dix ans.
Ce fut un triomphe d’application et d’engagement. Plus de 30 tirs bloqués, souvent avec courage face à de réelles menaces. Une exécution presque parfaite contre l’un des meilleurs clubs de la ligue entre les deux lignes bleues. Et, bien sûr, une production à la hauteur des meilleurs joueurs de l’équipe.
Avec, à la clé, une autre performance étincelante de Jakub Dobes, actuellement dans une zone tout simplement fascinante.
Cette équipe a chassé ses peurs. Elle joue avec une confiance maximale.
Et maintenant, les séries
Cette vapeur gagnante peut-elle se maintenir dans le gros tournoi ? On aura bientôt la réponse. Une chose semble évidente : Montréal jouera à nouveau ce printemps.
Et de la manière dont l’équipe se comporte depuis le début de la saison — avec constance et progression — elle risque d’être difficile à battre quatre fois en sept matchs.
Fait révélateur : une seule mauvaise séquence cette année, soit cinq défaites consécutives entre le 11 et le 20 novembre. Jamais le CH n’a perdu trois ou quatre matchs de suite, et seulement à six reprises il s’est incliné deux fois de suite.
Avec les ressources offensives disponibles, la stabilité enfin trouvée en défense et un gardien qui se comporte comme un véritable numéro un de la LNH, on peut espérer un printemps plus excitant — et plus satisfaisant — que l’an dernier.
Tant pis pour les tenants de la reconstruction éternelle.
