Visite à la pharmacie, dans une structure sociale, chez le généraliste… profiter des interactions du quotidien pour faire de la prévention en santé
Profiter des situations de la vie courante pour faire de la prévention en santé – quand on se rend dans une structure sociale, à la pharmacie, chez son médecin généraliste – plutôt que de ne la faire reposer que sur de grandes campagnes d’information qui alertent sur les risques de cancers, maladies cardiovasculaires, maladies infectieuses… C’est ce que prône la démarche « Making Every Contact Count » (que l’on pourrait traduire par « Profiter de chaque interaction »), développée au Royaume-Uni.
À certains moments de l’année ou de la vie – un anniversaire, un retour de vacances, un 1er janvier –, les bonnes résolutions fusent : arrêter de fumer, perdre du poids, se remettre au sport. Des moments où l’on se dit : « il faudrait peut-être changer quelque chose ». Mais souvent, la motivation initiale s’érode en quelques semaines, jusqu’à ce que ces bonnes intentions rejoignent le cimetière des résolutions oubliées.
Ce décalage entre nos intentions et nos comportements révèle une vérité inconfortable : changer nos modes de vie ne relève pas que de la simple volonté individuelle. Et si la solution ne résidait pas dans ces grands moments de décision, mais dans des milliers de micro-interactions du quotidien ?
Une prévention en santé encore trop limitée
En France, quand on parle de prévention, on pense spontanément vaccination et dépistage. Ces actions sont essentielles, mais elles ne représentent qu’une partie de ce qui détermine notre santé. Ce ne sont pas seulement les maladies qui nous rendent malades, mais aussi notre environnement et nos habitudes du quotidien : ce que nous mangeons, notre niveau d’activité physique, nos consommations.
Les données du Global Burden of Disease sont sans appel : les facteurs comportementaux – alimentation, activité physique, tabac, alcool – représentent une part majeure du fardeau mondial de morbidité. En France, leur poids est aussi économique : le coût social du tabac est estimé à environ 156 milliards d’euros par an, et celui de l’alcool à près de 100 milliards.
Pourtant, la prévention reste encore largement présentée comme une affaire de responsabilité individuelle, alors que nos comportements sont profondément façonnés par nos environnements. Les lieux où nous vivons, travaillons, faisons nos courses, nous déplaçons influencent nos choix bien plus que notre seule volonté : offre alimentaire, aménagement urbain, politiques de prix, régulation de la publicité.
En pratique, la prévention est régulièrement affichée comme une priorité. Mais les rapports récents de l’Inspection générale des affaires........
