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Rajeunir ou disparaître : comment les femmes vieillissent – ou non – sur nos écrans

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23.06.2026

Ne pas vieillir, et ce, le plus longtemps possible. Voilà le diktat qui semble présider au destin des actrices au cinéma et dans les séries. À de rares exceptions près, leurs options ne semblent pas nombreuses : soit se lancer dans une course éperdue au rajeunissement grâce à la chirurgie esthétique et le travail des images en postproduction, soit se résoudre à disparaître des écrans ou à se voir proposer des rôles stéréotypés ou secondaires.

Dans la série Dix pour cent, qui décrit la vie d’une prestigieuse agence artistique d’acteurs, Cécile de France joue son propre rôle. Dans le premier épisode de la première saison, diffusé en 2015, elle se voit refuser un rôle chez Tarantino, car elle s’apprête à fêter ses 40 ans :

« Quarante ans pour une actrice, c’est 60 ans pour une femme et 80 pour un homme ! », dit-elle.

« Quarante ans pour une actrice, c’est 60 ans pour une femme et 80 pour un homme ! », dit-elle.

Son agent est stupéfait, mais, dans les faits, les chiffres confirment ce diktat. L’invisibilité à l’écran des femmes de plus de 50 ans persiste dans un contexte global de déséquilibre des rôles au regard du vieillissement de la population.

Bien sûr, il y a des exceptions et des succès : extraordinaires Liliane Rovère dans Dix pour cent et Family Business, ou Maggie Smith dans Downton Abbey, ou bien encore, sur un mode plus confidentiel, Sylvie Granotier dans Septième Ciel.

Toutefois, si ces figures ridées sont en accord avec l’âge de leurs corps, on peut s’interroger sur la prolifération de nouveaux visages féminins sans rides ou si peu qu’ils nous font entrer dans la vallée de l’étrange décrite par le roboticien Mori Masahiro.

Être vieille de plus en plus jeune, pour être jeune de plus en plus vieille ?

Faut-il faire son âge ? Mais, lorsqu’on pose cette question, de quel âge parle t-on ?

Quand Audrey Fleurot, l’héroïne de la série HPI, apparaît en octobre 2024 à l’occasion d’un défilé de mode, c’est un « botox shaming » d’une grande véhémence qui l’attend sur les réseaux sociaux. Il lui faudra s’expliquer. Faut-il........

© The Conversation